La FIDH s’inquiète de la disparition du témoin clef dans le procès qui a condamné Miguel Etchecolatz

21/09/2006
Communiqué
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La FIDH dénonce et exprime sa préoccupation quant à la disparition de M. Julio Lopez, ancienne victime de détention et de disparition forcées, témoin clef dans le procès condamnant l’ancien Directeur de la Police de Buenos Aires, Miguel Etchecolatz, à la réclusion à perpétuité.

M. Lopez, 76 ans, était le principal témoin dans le procès qui a condamné M. Etchecolatz à la réclusion à perpétuité. Pendant la procédure, M. Lopez témoigna de sa sequestration en octobre 1976 par une "patrouille" dont faisait partie M. Etchecolatz, des actes de torture dont il fut victime pendant sa détention et de l’exécution d’autres détenus. Il avait été détenu dans les centres clandestins du détachement policier De Arana, les "pozo de Arana" et le cinquième commissariat de La Plata.

Lundi 18 septembre 2006, M. Lopez devait se présenter dans le bâtiment de la municipalité de La Plata afin d’assister à la plaidoirie de l’accusation contre M. Etchecolatz. C’est lorsqu’il ne s’est pas présenté que l’on s’est rendu compte de sa disparition, sans savoir jusqu’à aujourd’hui où il se trouve.

La FIDH appelle l’attention sur la disparition de M. Lopez, craignant que sa disparition ne soit une forme de représaille pour son témoignage dans le procès mentionné. La FIDH s’inquiète tout particulièrement du fait qu’une personne victime de disparition forcée pendant la dictature, disparaisse de nouveau, 30 ans après, au moment même où, à la recherche de la justice, elle confronte avec courage ses agresseurs.

La FIDH rappelle que Miguel Etchecolatz a été condamné à la réclusion à perpétuité pour homicide, privation de liberté et torture, lorsqu’il était Directeur de la police de la province de Buenos Aires pendant cette époque, actes qui se sont déroulés "dans le cadre du génocide qui a eu lieu en Argentine entre 1976 et 1983" [1]. C’est la première fois que les crimes commis pendant la dernière dictature militaire en Argentine sont qualifiés de génocide par un tribunal argentin [2].

La FIDH rappelle qu’il est du devoir des Etats de garantir la vie et l’intégrité physique des témoins, en particulier dans un cas comme celui-ci, où il s’agit d’enquêtes sur des crimes contre l’humanité.

La FIDH condamne cette violation grave des droits fondamentaux et appelle les autorités argentines à employer tous les moyens qui sont en leur pouvoir pour retrouver M. Lopez en vie et pour amener devant la justice, si cela se vérifie, les personnes responsables du crime commis.

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