20 mai 2026. Cette instrumentalisation de la justice transforme un acte citoyen, la photographie d’ouvrages publics destinés à lutter contre les inondations dans le cadre du Contrôle citoyen de l’action publique, en un prétendu crime d’État.
Cette affaire révèle une dérive inquiétante et continue de l’appareil judiciaire togolais, marquée par :
– l’abus d’autorité - la détention de M. Sokpor a dépassé les délais légaux de garde à vue avant même sa présentation devant un juge ;
– la criminalisation de l’engagement citoyen - l’utilisation de chefs d’accusation liés à la « sûreté de l’État » pour des faits aussi anodins trahit une volonté délibérée de museler toute voix critique ;
– le harcèlement ciblé - M. Sokpor, citoyen engagé, a déjà été injustement emprisonné par le passé pour avoir publié un poème intitulé « Fais ta part ».
En cautionnant les tortures, étranglement, brutalités et blessures, subies par M. Sokpor lors de son arrestation, la justice togolaise envoie un message dangereux : elle protège les agresseur·es et punit les victimes. Cette impunité institutionnalisée cultive la pratique des détentions arbitraires et de la torture et place chaque Togolais·e dans l’insécurité permanente.
Face à cette situation, les signataires :
– exigent la libération immédiate et sans condition de M. Sokpor Kossi Sitsopé Honoré et l’abandon des charges infondées portées contre lui ;
– demandent que les auteur·es des torture commises à son encontre lors de son enlèvement le 24 avril 2026 fassent l’objet de poursuites ;
– appellent les organisations internationales, les partenaires du Togo et la communauté des droits humains à dénoncer l’utilisation systématique de la détention comme moyen de réduire au silence la société civile.
La quête de démocratie et de justice ne saurait être sacrifiée sur l’autel de l’arbitraire. Les signataires réaffirment leur engagement indéfectible pour la défense des libertés fondamentales et la construction d’un état de droit au Togo.