Une nouvelle étape pour le Conseil ? Le Conseil des droits de l’Homme a décidé l’envoi d’une mission d’évaluation au Darfour

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation membre au Soudan, Sudan Organisation Against Torture (SOAT), se félicitent que le Conseil de droits de l’homme (le Conseil) ait tenu une session spéciale sur le Darfour et ait pris la décision d’envoyer une mission de haut-niveau pour évaluer la situation des droits de l’Homme dans cette région du Soudan.

« La décision du Conseil », a indiqué Sidiki Kaba, président du FIDH, « vient à un moment important où celui-ci devenait de plus en plus fortement critiqué. Cette session a été l’occasion pour la première fois depuis mars 2005, pour le nouveau Conseil de réagir sur des situations spécifiques et entendre les appels des victimes ».

La FIDH et SOAT, qui sont conjointement intervenus oralement devant le Conseil sur la situation des droits de l’Homme au Darfour, étaient particulièrement préoccupés par la teneur de sa décision, dans la mesure où l’Algérie au nom « du groupe africain » niait devant ce dernier la gravité des violations des droits de l’homme et du droit humanitaire dans la région occidentale du Soudan et plaidait pour l’établissement d’une mission d’évaluation composée d’ambassadeurs. La FIDH et SOAT regrettent que cette position soit en partie reflétée dans la décision du Conseil par l’absence de condamnation des violations de droits de l’Homme et de la mention de la nécessité de lutter contre l’impunité de leurs auteurs.

Néanmoins, la FIDH et SOAT se félicitent de la décision de mettre en place, dans les meilleurs délais, une mission d’évaluation, qu’ils souhaitent effectivement indépendante, sur la situation de droits de l’homme au Darfour.

M. Osman Hummaida, directeur de SOAT, a indiqué : « Pour que la mission de haut-niveau contribue à protéger efficacement les droits de l’Homme et à empêcher d’autres violations, nous espérons qu’elle considérera les éléments suivants :

- Le gouvernement du Soudan et l’ancienne opposition signataires de l’Accord de paix au Darfour (APD), ainsi que les non-signataires de l’APD doivent stopper immédiatement toute attaque contre les civils au Darfour et mettre un terme aux violations graves des droits de l’Homme en particulier le déplacement forcé des populations de secteurs entiers de la région ; désarmer la milice Janjaweed ; et fournir l’appui nécessaire à toutes les agences internationales et tous les organismes humanitaires afin d’assurer l’accès immédiat et sans encombre aux personnes touchées par le conflit au Darfour et faciliter la livraison de l’aide humanitaire.

- L’Union Africaine (UA) et les Nations Unies (ONU) devraient instamment assurer l’intervention des troupes mixtes UA/ONU ; engager les parties signataires et non-signataires dans un dialogue autour de l’APD, en particulier en incluant les principaux partenaires de la région qui n’ont pas participé au processus de négociation de cet accord. Enfin l’UA, l’ONU ainsi que toutes les parties au conflit au Darfour devrait pleinement coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI) et particulièrement avec le Bureau du procureur dans son enquête en cours sur la situation au Darfour.

La FIDH et SOAT, avec leurs partenaires locaux et internationaux, suivront avec attention la mise en oeuvre, les conclusions et les résultats de cette mission.

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