Trois défenseurs des droits de l’Homme en danger !

27/11/2008
Communiqué
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Paris-Genève-Le Caire, le 27 novembre 2008. La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dans le cadre de leur programme conjoint, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, et l’Institut du Caire pour les études des droits de l’Homme (Cairo Institute for Human Rights Studies - CIHRS) expriment leur sérieuse préoccupation suite aux actes de harcèlement subis par trois défenseurs des droits de l’Homme au Soudan. En particulier, deux d’entre eux ont été gravement torturés.

Depuis le 24 novembre 2008, trois défenseurs des droits de l’Homme, MM. Osman Hummaida, chercheur en droits de l’Homme et membre de l’Assemblée des délégués de l’OMCT, Abdelmoneim Aljak, défenseur des droits de l’Homme, et Amir Mohamed Suliman, Président du Centre de Khartoum pour les droits de l’Homme et le développement environnemental (Khartoum Centre for Human Rights and Environmental Development - KCHRED), ont fait l’objet de graves actes de harcèlement de la part des services de renseignement et de sécurité nationale (National Intelligence and Security Services - NISS), basés à Khartoum Nord, au cours de plusieurs séances d’interrogatoire liés à leurs activités pour la défense des droits de l’Homme.

M. Osman Hummaida reste détenu, sans interruption, depuis le 24 novembre 2008. Les deux autres ont quant à eux été arrêtés, interrogés puis relâchés à plusieurs reprises. Les autorités soudanaises n’ont pas encore révélé sur quelle base les trois défenseurs étaient interrogés et détenus.

Par ailleurs, M. Abdelmoneim Aljak a été gravement torturé au cours de la séance d’interrogatoire d’hier soir. Les NISS ont ainsi eu recours au supplice de la baignoire, l’ont battu à l’aide d’un bâton sur les pieds, le dos et le postérieur, les bras et lui ont donné des coups de poing au visage. MM. Amir Mohamed Suliman et Abdelmoneim Aljak ont brièvement vu M. Osman Hummaida hier soir, qui portait des traces de torture. Ce dernier n’a pas été autorisé par les NISS à parler avec ces derniers.

MM. Amir Mohamed Suliman et Abdelmoneim Aljak ont été relâchés durant la nuit et de nouveau convoqués à se présenter aux NISS à 11 heures du matin le 27 novembre 2008. M. Amir Mohamed Suliman a alors pu parler avec M. Osman Hummaida, qui était très faible et qui a confirmé avoir été torturé le jour précédent. M. Osman Hummaida a d’ailleurs été hospitalisé en raison de ses problèmes de tension et des sévices subis, avant d’être transféré de nouveau dans les locaux des NISS.

Lors des interrogatoires, les trois défenseurs des droits de l’Homme ont été interrogés sur leurs activités de défense des droits de l’Homme. L’Observatoire et le CIHRS craignent que les autorités soudanaises tentent de monter un dossier afin de poursuivre les trois défenseurs en raison de leur lutte contre les violations des droits de l’Homme.

Nos organisations sont préoccupées par les nouveaux risques de torture auxquels font face MM. Osman Hummaida, Abdelmoneim Aljak et Amir Mohamed Suliman. C’est pourquoi nous demandons aux autorités soudanaises de garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de MM. Amir Mohamed Suliman, Osman Hummaida et Abdelmoneim Aljak, de libérer M. Osman Hummaida immédiatement, dans la mesure où sa détention est arbitraire puisqu’elle semble viser à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme, ainsi que de mettre un terme à tout acte de harcèlement à leur encontre, en conformité avec les dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs et les instruments régionaux ratifiés par le Soudan.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

FIDH : Gael Grilhot / Karine Appy / Julia Bourbon, + 33 1 43 55 25 18
OMCT : Delphine Reculeau, + 41 22 809 49 39

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