Lettre ouverte à Monsieur le Général NIANG

17/12/2002
Rapport

Ministre de l’Intérieur
République du Sénégal
Dakar

Monsieur le Ministre,

La Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) vient d’être prévenue de l’agression de Monsieur Libasse Ndiaye, cameraman de African Television News (ATN) et correspondant au Sénégal de AITV (Agence Internationale d’Images et de Télévision) et de TV5, par des éléments des forces de l’ordre sous votre autorité, alors qu’il se rendait à son bureau en n’ayant d’autre tort que celui d’avoir fait honnêtement son travail.
En effet, ce samedi 14 décembre, Monsieur Ndiaye, après avoir filmé la manifestation du Collectif des Familles des victimes du naufrage du Joola survenu le 26 septembre dernier, se rendait tranquillement chez lui quand il a été pris à partie, insulté et roué de coups par des membres des forces de l’ordre apparemment mécontents d’avoir été filmés lors des échaufourrés survenus en fin de manifestation.
Suite à ces violences et voies de faits caractérisées particulièrement graves, Monsieur Ndiaye a été hospitalisé pour au moins quatre jours. Il souffre de diverses contusions faciales, notamment à l’oeil gauche, ce qui lui vaudrait un arrêt de travail d’au moins quinze jours.
La FIDH s’inquiète fortement de la dégradation du respect du droit d’informer librement au sénégal, et ce d’autant plus que ce n’est pas la première fois que Monsieur Libasse Ndiaye est victime d’agressions dans l’exercice de sa profession.
C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, la FIDH vous prie instamment de condamner publiquement les exactions mentionnées ci-dessus. La FIDH demande en outre au Parquet d’ouvrir une enquête qui permettra d’identifier et de sanctionner les coupables en vertu du droit national et des instruments internationaux dont le Sénégal est partie, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui garantie le droit à la liberté d’expression à son article 19.
Vous remerciant par avance de l’attention que vous voudrez bien accorder à cette requête, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de ma haute considération.

Sidiki Kaba
Président

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