la FIDH lance un appel au calme à l’approche des manifestations du 30 juin

30/06/2005
Communiqué
RDC

Le 30 juin 2003, après des années de guerres meurtrières, de multiples négociations et sous la pression de la communauté internationale, le gouvernement de transition était enfin installé en République démocratique du Congo.

Une de ses principales missions était d’organiser, en 24 mois, des élections démocratiques et transparentes, permettant de mettre en place un gouvernement librement choisi par la population.

Deux ans n’ont pas suffi pour établir un cadre électoral permettant d’assurer un scrutin respectant les droits civils et politiques des citoyens prévus par les conventions internationales de protection des droits de l’Homme ratifiées par la RDC. La Commission électorale indépendante a demandé et obtenu une prolongation de 6 mois de la transition, comme le permet l’Accord global et inclusif signé de décembre 2002.

Ce retard pris dans l’achèvement de la transition mécontente la population civile congolaise. De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer le manque de volonté des différentes composantes politiques du gouvernement et du Parlement pour organiser les élections, ceci ajouté à leur incapacité de mettre un terme aux violations graves des droits de l’Homme et du droit international humanitaire en RDC, commises en toute impunité.

Plusieurs appels à manifester le 30 juin 2005 - date initiale du terme de la transition - ont été lancés par des organisations de la société civile et certains partis politiques pour protester contre le retard dans l’échéancier de la transition. Dans le même temps, des membres de ces organisations et partis font l’objet de menaces et d’intimidations1

Dans ce contexte délétère, la FIDH tient à exprimer sa plus vive inquiétude face aux risques de dérapage que cette situation peut entraîner, et en particulier au danger de violences exercées contre la population civile. La FIDH rappelle que le droit de manifester fait partie des dispositions régionales et internationales relatives aux droits de l’Homme qui lient les autorités congolaises.

Aussi la FIDH demande :

1)aux autorités congolaises

de permettre le déroulement des manifestations pacifiques qui pourraient s’organiser le 30 juin 2005
de respecter scrupuleusement la Déclaration adoptée le 10 décembre 1998 par l’Assemblée générale de l’ONU sur les Défenseurs des Droits de l’Homme
d’organiser des élections libres et transparentes dans les plus brefs délais, conformément aux dispositions internationales de protection des droits de l’Homme qui lient la RDC.

2) à la Communauté internationale

- d’exercer des pressions sur les différentes composantes au sein du Gouvernement congolais de transition pour organiser des élections libres, démocratiques et transparentes, pour terminer en temps utile le cadre juridique, pour œuvrer loyalement à la réunification de l’armée et pour s’attaquer à la corruption en respectant les principes de gestion financière saine et transparente.

- d’utiliser tous les instruments de la politique étrangère européenne comme levier de pression sur les voisins du Congo afin qu’ils ne compromettent pas le processus de paix en RDC.

3) aux partis politiques et organisations de la société civile

- de s’abstenir de toute déclaration incitant à la violence

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