Le Conseil des droits de l’Homme incapable de répondre à la situation catastrophique des droits de l’Homme en RDC

30/03/2009
Communiqué
RDC

La FIDH et ses organisations membres en RDC, l’ASADHO, le Groupe Lotus et la Ligue des Électeurs déplorent la faiblesse des dispositions de la Résolution adoptée par le Conseil des droits de l’Homme le 27 mars 2009. Cette résolution ne prévoit en effet l’établissement d’aucun mécanisme dédié à la RDC en vue de renforcer le suivi par le Conseil de la situation des droits de l’Homme dans ce pays.

Bien que la gravité de la situation des droits de l’Homme dans ce pays avait conduit le Conseil à se réunir en session extraordinaire sur la RDC il y a 3 mois, le Conseil ne cesse de réduire son action sur ce pays. En 2008, le Conseil avait refusé de renouveler l’Expert indépendant sur la RDC. Aujourd’hui, une majorité de ses Etats membres a refusé, à la suite d’un vote appelé par le groupe africain, la proposition de l’Union européenne de mettre en place un mécanisme en vue de renforcer la coordination et le suivi des recommandations formulées par le groupe d’experts thématiques établi il y a quelques mois par le Conseil. Ce mécanisme avait pourtant était appelé des voeux mêmes des experts thématiques concernés, qui avaient demandé au Conseil d’agir fermement au regard de l’extrême gravité de la situation des droits de l’Homme dans ce pays.

« Cette résolution est une négation de la dégradation de la situation des droits de l’Homme en RDC que nous constatons tous les jours » a commenté Dismas Kitenge, Président du Groupe Lotus et Vice-Président de la FIDH. « Nous déplorons que les Etats membres du Conseil de la sous-région n’aient pas souhaité la mise en place d’un mécanisme de suivi des recommandations des experts thématiques et aient préféré apporter leur soutien au gouvernement de la RDC plutôt qu’à la population et aux victimes congolaises » a-t-il conclu.

Nos organisations rappellent qu’en ce début d’année 2009, la situation humanitaire à l’Est du pays demeure catastrophique et que la sécurité pour la population civile dans cette partie du territoire reste précaire du fait de l’offensive récente des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Les violations massives des droits de l’Homme, notamment les violences sexuelles, sont impunies. Les arrestations arbitraires à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme se sont multipliées sur l’ensemble du territoire et le cadre des libertés fondamentales s’est drastiquement restreint ces derniers mois.

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