Assassinat d’un grand défenseur des droits de l’Homme dans la région des Grands Lacs

02/08/2005
Communiqué
RDC

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et ses ligues affiliées en République démocratique du Congo, l’Association africaine des droits de l’Homme (ASADHO), le Groupe Lotus, la Ligue des Electeurs ainsi que la Ligue burundaise des droits de l’Homme (ITEKA) sont profondément attristés par la mort le 31 juillet dernier du défenseur des droits de l’Homme, Pascal Kabungulu Kibembi, Secrétaire exécutif de l’ONG Héritiers de la Justice et membre de la Ligue des droits de l’Homme dans la région des Grands Lacs.

M. Kabungulu Kibembi, a été tué par balles dimanche matin par des hommes armés qui ont pénétré dans sa maison de Bukavu, à l’Est de la RDC.

La FIDH, l’ASADHO, le Groupe Lotus, la Ligue des Electeurs et ITEKA dénoncent cet assassinat et appellent les autorités congolaises à immédiatement ouvrir une enquête sur les circonstances de sa mort.

Cet assassinat intervient dans un contexte particulièrement difficile pour les défenseurs des droits de l’Homme en RDC. Tout au long du mois de juillet, les ligues affiliées de la FIDH en RDC ont systématiquement été l’objet de harcèlement et d’actes d’intimidation [1]. Pour exemple, M. Paul Nsapu, président de la Ligue des électeurs, a été l’objet de plusieurs menaces de mort au lendemain des manifestations du 30 juin 2005. Le 18 juillet 2005, deux hommes armés se sont rendus à son domicile et, en l’absence de ce dernier, ont intimidé ses proches. Des membres de l’ONG Héritiers de la justice avaient déjà été victimes de plusieurs tentatives d’assassinat et de menaces persistantes.

Nos organisations rappellent aux autorités congolaises qu’elles doivent impérativement garantir la sécurité des défenseurs des droits de l’Homme en toutes circonstances conformément à l’article 12.2 de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, selon lequel "l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration".

La FIDH, l’ASADHO, le Groupe Lotus, la Ligue des Electeurs et ITEKA appellent les autorités congolaises à :

- mener une enquête impartiale et indépendante sur l’assassinat de M. Kabungulu Kibembi afin que leurs auteurs soient dûment sanctionnés,

- garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique des défenseurs des droits de l’Homme en RDC,

- mettre un terme à toute forme de harcèlement à l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme en RDC et prévenir tout acte de représailles à leur encontre,

- se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998 et plus particulièrement à son article premier qui dispose que "chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international", et son article 12.2 précédemment cité.

Contact presse : +33 1 43 55 25 18 / 14 12

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