La FIDH et la CLO appelle la CADHP à saisir les autorités pour le rétablissement du moratoire

28/06/2013
Communiqué
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La FIDH et son organisation membre au Nigeria, la Civil Liberties Organisation (CLO), dénoncent avec la plus grande vigueur les exécutions survenues lundi 24 juin et appellent les autorités nigérianes à immédiatement mettre un terme à ces exécutions.

L’exécution par pendaison de 4 condamnés à mort dans la nuit du 24 juin 2013 vient mettre un terme au moratoire de fait dans ce pays qui n’avait pas pratiqué la peine de mort depuis 2006. Un cinquième homme devrait être exécuté d’ici la fin de la semaine par peloton d’exécution. Il était monté sur la potence avec les 4 autres condamnés lorsque les autorités de la prison Benin dans l’État d’Edo se sont rendues compte qu’il devait être exécuté selon une autre méthode au terme de sa condamnation par un tribunal militaire.

« Nos organisations dénoncent la fin du moratoire sur la peine de mort et l’extrême brutalité de cette exécution. Nous appellons les autorités à ne pas procéder à de nouvelles exécutions et à respecter le droits des personnes condamnées à un procès équitable », a déclaré Karim Lahidji, président de la FIDH.

La FIDH et la CLO considèrent que l’application de la peine de mort constitue non seulement un traitement cruel et inhumain mais a été pratiquée en violation de toutes les règles internationalement reconnues, y compris du droit à un procès équitable ; le procureur d’Edo et les autorités de la prison n’ont pas non plus respecté l’appel formé quelques heures auparavant contre l’ordre d’exécution. Les personnes condamnées et leurs familles n’ont pas été informés des exécutions imminentes. Le cinquième homme dont l’exécution est en suspens n’a pas pu faire appel de sa condamnation à mort prononcée il y a dix-sept ans sous le régime militaire, car les tribunaux militaires ne reconnaissaient pas à l’époque aux condamnés le droit de faire appel. .

Plus tôt cette année, le président Jonathan avait encouragé les gouverneurs des États à procéder à de nouvelles exécutions.

« En s’abstenant lors du vote par l’Assemblée générale des Nations unies de la résolution en faveur du moratoire pour la peine de mort, en décembre 2012, et en rompant le moratoire établi de fait depuis 2006, le Nigeria va contre la tendance actuelle vers l’abolition de la peine de mort » a déclaré Ibuchukwu Ezike, directeur exécutif de la CLO.

Près de 1 000 détenus sont actuellement dans les couloirs de la mort au Nigeria. La FIDH et la CLO appellent la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, notamment son Groupe de travail sur la question de la peine de mort, à se saisir de cette situation et à appeler les autorités nigérianes au rétablissement du moratoire conformément à sa résolution ACHPR/Res.136(XXXXIIII).08 adoptée en 2008.

La FIDH s’oppose à la peine de mort pour tous les crimes et en toutes circonstances et œuvre activement avec ses organisations membres pour son abolition universelle.

La peine de mort constitue un traitement inhumain. La FIDH a en outre démontré que la peine de mort est généralement prononcée au terme de procès inéquitables et que son application est souvent discriminatoire. La FIDH rappelle que le prétendu effet préventif de la peine de mort n’a jamais été prouvé.

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