16 juin 2026. Le Niger vient de tristement emboîter le pas à la criminalisation de l’homosexualité. Promulgué le 11 juin, le nouveau Code pénal nigérien prévoit des peines de cinq à dix ans de prison pour les personnes reconnues coupables d’« acte impudique ou contre nature » ou de relations entre personnes de même sexe. Le texte prévoit également de lourdes sanctions financières, pouvant atteindre 100 millions de francs CFA (environ 150 000 €).
Les sanctions sont encore plus sévères pour les mariages entre personnes de même sexe et pour les personnes accusées de gérer, financer ou participer à des organisations liées aux personnes LGBTIQ+, avec des peines pouvant aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.
« Avec cette loi, les autorités prétendent agir en conformité avec les valeurs sociales et culturelles du Niger. Pourtant, la répression de l’homosexualité est avant tout un héritage colonial sur le continent ; le voir érigé en valeur africaine commune est consternant. Ce sont des mesures indignes, fondées sur des notions identitaires confuses, et sur un implicite de délation, de discrimination et de violence extrêmement inquiétant », déclare Alice Bordaçarre, Responsable du bureau droits des femmes et égalité de genre de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH).
Le Niger s’insère donc dans une tendance régionale de regain homophobe. Au Sénégal, une loi adoptée en mars 2026 a porté les peines à 10 ans de prison et criminalisé la « promotion » des droits LGBTIQ+. Au Ghana, un texte adopté en mai prévoit jusqu’à 10 ans de prison pour les personnes accusées de soutenir ou promouvoir des activités LGBTIQ+. Au Mali, un nouveau code pénal promulgué en décembre 2024 a criminalisé l’homosexualité, désormais passible de deux à sept ans de prison.
Ces mesures, souvent justifiées au nom des « valeurs africaines », sont pourtant symptomatiques d’une homophobie coloniale latente, jamais expurgée après les indépendances. De nombreuses lois anti-LGBTIQ+ ont été introduites par des administrations européennes pendant la période coloniale. Ce sont elles, et non l’homosexualité, qui constituent un héritage colonial.