La FIDH appelle les députés à adopter à la session parlementaire de mars le Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes

14/03/2007
Communiqué

La FIDH a mandaté une mission internationale d’enquête au Niger du 20 au 28 février 2007 afin de recueillir des informations sur la situation des droits des femmes.

La mission était composée Mme Amina Bouayach, présidente de l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH), de M. Mabassa Fall, représentant de la FIDH auprès de l’Union africaine, de M. Florent Geel, chargé de programme au Bureau Afrique de la FIDH, et accompagnée par Mme Marie-Christine Barrault, actrice et ambassadrice de la FIDH pour les droits des femmes.

La délégation a pu rencontrer les autorités nigériennes, notamment Mme Hadjia Larba Tanja, première dame du Niger et présidente de la Fondation Magama dédiée aux populations vulnérables en particulier les femmes et les enfants ; Mme. Zeinabou Moulaye Ousmane, ministre du Développement social, de la promotion de la femme et de l’enfant ; Mme Mamadou Zila Boukari, Mme. Boukari Zila Mahamadou, ministre de la Population et de l’action sociale. La FIDH remercie ces autorités pour avoir facilité le déroulement de la mission ainsi que les représentants de la société civile, les institutions internationales et les représentations diplomatiques qui ont reçu la délégation.

La délégation a pu se rendre compte de l’importance accordée dans le débat public - tant de la part des associations de femmes, de la société civile, des professionnels de la justice, de membres du gouvernement, que des représentants d’associations islamiques, à la ratification du Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes. Cet instrument signé en 1999 par le Président Tandja à Maputo, doit être présenté pour la troisième fois devant l’Assemblée nationale pour sa ratification à la session de mars 2007. La FIDH appelle les députés nigériens à suivre les préconisations de la très dynamique société civile nigérienne, notamment les associations de femmes, en adoptant le Protocole, sans réserves et en conférant à ses dispositions une valeur législative.

L’adoption de ce Protocole constituerait une avancée nécessaire et notable vers la promotion et la protection des droits des femmes au Niger qui est devenue une urgence sociétale. Mais cette mesure serait aussi insuffisante si elle n’était pas accompagnée d’actes concrets. Les nombreux témoignages concordants recueillis par la mission démontrent en effet l’existence d’une situation particulièrement dramatique pour les femmes. Elles sont l’objet de répudiation, pratique très répandue qui plonge des milliers de femmes dans la détresse, la misère et la solitude. La mission a pu également rencontrer des femmes victimes de mariages forcées, de mariages précoces, de violences conjugales. Par ailleurs, la persistance de l’esclavage, des mutilations génitales féminines ainsi que la spoliation de l’héritage pour les femmes, doivent amener les autorités nigériennes à adopter dans les meilleurs délais un code de la famille garantissant aux femmes droits, dignité et égalité tels que reconnus par la Constitution de 1999.

La FIDH appelle les autorités nigériennes et la représentation nationale à :

* Adopter sans réserves le Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes lors de sa présentation à l’Assemblée nationale à sa session de mars 2007 ;

* Lever les réserves à la Convention des Nations-unis pour l’élimination de toutes discrimination à l’égard des femmes ;

* Adopter dans les meilleurs délais un code de la famille garantissant aux femmes droits, dignité et égalité tels que reconnus par la Constitution de 1999.

La FIDH fera ces recommandations et présentera son rapport de mission au Comité des Nations-unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes qui examinera le cas du Niger le 14 mai 2007.

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