Nouvelle vague d’arrestations de religieux

28/04/2005
Communiqué

La FIDH, son organisation membre, l’Association mauritanienne des droits de l’Homme (AMDH) et SOS-Esclaves, sont fortement préoccupés par la nouvelle vague d’arrestations opérée au sein des milieux islamistes.

Les 24 et 25 avril 2005, les forces de sécurité mauritaniennes ont arrêté 11 religieux -imams, avocats et professeurs. Les personnes arrêtées sont détenues au secret, sans possibilité de visite de leur famille, de leurs avocats et d’un médecin, ce en dépit du mauvais état de santé de certaines d’entre elles. Ces fait constituent des violations flagrantes des droits de la défense garantis pourtant par la Constitution mauritanienne et les conventions internationales ratifiées par la Mauritanie, notamment la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.
La situation reste particulièrement tendue. Certains domiciles de religieux et l’Université de Nouakchott seraient sous étroite surveillance. Et la police orchestrerait des fouilles aux principales entrées de la capitale.

Dans un communiqué diffusé le 25 avril, la police légitime ces arrestations par la "découverte d’une celulle terroriste" sur le territoire mauritanien. A cet égard, La FIDH, l’AMDH et SOS-Esclaves souhaitent souliger que sous ce même prétexte, les autorités mauritaniennes avaient procédé en mai 2003 à de nombreuses arrestations, dénoncées par nos organisations comme étant arbitraires. Pour rappel, les personnes arrêtées avaient finalement été libérées à la demande du procureur de la république sans la moindre condamnation après plus de 3 mois de détention. En tout état de cause, la FIDH, l’AMDH et SOS-Esclaves rappellent que selon l’article 22 de la Convention de l’OUA sur la lutte contre le terrorisme en Afrique, ratifiée par la Mauritanie en 2004, aucune mesure prise dans ce cadre ne peut déroger « avec les principes généraux du droit international, en particulier des principes du droit international humanitaire et de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples ».

Ainsi, la FIDH, l’AMDH et SOS-Esclaves condamnent ces arrestations qui interviennent en outre au moment où des efforts de conciliation étaient entrepris par le pouvoir pour "décrisper" la vie politique mauritanienne. Les espoirs nés du succès du forum organisé les 11 et 12 avril 2005 "sur les valeurs démocratiques et la citoyenneté" par les membres du RDU (Rassemblement pour la démocratie et l’unité), membre de la mouvance présidentielle, auquel avaient pris part les partis de la majorité présidentielle et de l’opposition ainsi que la société civile et les leaders d’opinion, risquent d’être, de ce fait, réduits à néant.

La FIDH, l’AMDH et SOS-Esclaves considèrent que le refus du droit à bénéficier d’un avocat constitue une violation flagrante des droits de la défense pourtant reconnus en Mauritanie. La FIDH, l’AMDH et SOS-Esclaves appellent les autorités mauritaniennes à assurer l’intégrité physique et morale des personnes détenues et à respecter les libértés fondamentales garanties par la Constitution et les conventions internationales relatives aux droits de l’Homme ratifiées par la Mauritanie.
La FIDH saisit immédiatement la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples qui tient actuellement sa 37ème session à Banjul, Gambie.

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