Lettre ouverte au Général Mohamed Ould Abdel Aziz

21/08/2008
Communiqué

Général,

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation membre en Mauritanie, l’Association mauritanienne des droits de l’Homme (AMDH) s’adressent à vous aujourd’hui aux fins de réitérer leur appel au rétablissement de l’ordre constitutionnel et au respect des libertés publiques fondamentales en Mauritanie.

Le 6 août 2008, vous avez dirigé le coup d’état qui a conduit à l’arrestation du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi et des plus hautes autorités politiques de Mauritanie, contrevenant ainsi aux dispositions des principaux instruments régionaux et internationaux de protection des droits de l’Homme, notamment à celles de l’Acte constitutif de l’Union africaine qui « condamne tout changement anticonstitutionnel de gouvernement ».

La FIDH et l’AMDH regrettent qu’en dépit des appels unanimes de l’Union africaine, du Conseil de sécurité des Nations unies, de l’Union européenne et de toute la communauté internationale, la junte militaire n’ait pas procédé à la libération du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, maintenu en détention depuis dans un lieu inconnu. Par ailleurs, la FIDH et l’AMDH condamnent avec la plus grande fermeté l’arrestation survenue ce jour du Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf, alors que celui-ci s’apprêtait à assister à une manifestation pacifique d’opposition au coup d’Etat.

À cet égard, la FIDH et l’AMDH s’inquiètent de la dérive actuelle qui tend à porter atteinte aux libertés publiques fondamentales que sont le droit de réunion pacifique ou encore le droit à la liberté d’expression et condamnent fermement le recours à la force pour disperser les manifestations pacifiques d’opposition, comme nous avons pu le constater lors de la manifestation organisée le 18 août 2008 par des syndicalistes brutalisés par les forces de sécurité et conduits de force au commissariat du 4ème arrondissement de Nouackchott.

Au cours de l’audience que vous avez accordée le mardi 18 août 2008 au président d’honneur de la FIDH, Me Sidiki Kaba, celui-ci vous a rappelé notre attachement indéfectible au rétablissement de l’ordre constitutionnel ainsi qu’au respect des libertés publiques fondamentales. En conséquence, nous vous appelons une nouvelle fois à libérer immédiatement et sans condition le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf ainsi que toutes les personnes arrêtées à l’occasion du coup d’Etat et à mettre un terme à tout acte de répression à l’encontre des participants aux réunions et manifestations pacifiques de protestation.

Aux fins de trouver une issue négociée à la crise, respectueuse des principes de démocratie et des normes internationales de protection des droits de l’Homme, nos organisations recommandent vivement l’ouverture d’un dialogue politique inclusif avec le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, les acteurs de la vie politique et la société civile.

Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH

Fatimata Mbaye, présidente de l’AMDH

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