Détentions sous silence : La FIDH saisit le groupe de travail sur la détention arbitraire

13/10/2004
Communiqué

La FIDH et l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH), organisation membre de la FIDH, condamnent fermement les conditions de détention des militaires et des civils arrêtés à la suite des tentatives de coup d’Etat de juin 2003 et d’août 2004 en Mauritanie.

Depuis août 2004, plus d’une trentaine de personnes, civiles et militaires, ont été arrêtées et sont depuis détenues dans un lieu tenu secret. Elles sont par conséquent privées de tout contact avec l’extérieur, avocats, familles, médecins. Les prévenus n’ont pas encore été présentés devant un juge et on ignore tout de leur état de santé.

La FIDH et l’AMDH sont également très préoccupées de la situation des 131 militaires, arrêtés à la suite de la tentative de coup d’état des 8 et 9 juin 2003. Selon de récentes déclarations de leurs avocats, ces militaires auraient subi des traitements cruels, inhumains et dégradants lors de leur détention : menottes aux poignets pour certains détenus, séjours dans les cachots souterrains, insultes... Depuis trois semaines, ils n’ont plus la possibilité de recevoir des visites, y compris de leur famille et de leur avocat, alors que leur procès est fixé au 21 novembre 2004. Ils sont actuellement détenus à Wad Naga.

La FIDH et l’AMDH condamnent fermement ces conditions de détention en violation flagrante des dispositions légales et constitutionnelles nationales et des instruments internationaux auxquels la Mauritanie est partie, et en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples. La FIDH et l’AMDH demandent aux autorités mauritaniennes :

- de rendre public les lieux de détention des personnes arrêtées depuis août 2004 ;

- de permettre la présence de l’avocat au cours de l’enquête préliminaire, devant le procureur et dans toutes les phases de l’instruction ;

- de mener des enquêtes sur toutes les allégations de tortures et de mauvais traitements à l’égard des détenus

- d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs présumés de tels actes

- de se conformer aux instruments nationaux, régionaux et internationaux en ce qui concerne le respect des droits de la défense, le principe de présomption d’innocence, le droit à un procès équitable, l’interdiction de la torture et l’interdiction de conditions inhumaines de détention.

La FIDH a décidé de saisir le Groupe de Travail des Nations unies sur la détention arbitraire de cette situation.

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