Communiqué : Mauritanie : Agression et tentative d’enlèvement d’un défenseur

Paris-Genève, le 6 avril 2009. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dénonce l’agression physique et la tentative d’enlèvement par les forces de police de M. Boubacar Messaoud, président de SOS-Esclaves.

Selon les informations reçues, le 2 avril 2009, à l’occasion de la marche organisée par la Coordination des forces démocratiques (CFD), qui regroupe des partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civiles, dont des organisations de défense des droits de l’Homme, pour dénoncer le putsch du 6 août 2008, M. Boubacar Messaoud, président de l’association SOS-Esclaves et membre de la Commission nationale des droits de l’Homme, a été attaqué sur les ordres du commissaire Ould Nejib par des éléments du commissariat du Palais de justice de Nouakchott, venus en renfort des forces de police anti-émeutes.

M. Messaoud, bien connu des forces de police du Palais de justice, aurait été visé à dessein et agressé par trois ou quatre policiers qui l’ont mis à genoux et l’ont assommé à l’aide d’un coup de matraque sur la nuque. Alors que M. Messaoud s’était évanoui, les policiers ont continué à le rouer de coup, l’ont traîné à terre puis ont tenté de le jeter dans le coffre arrière d’une voiture banalisée. Heureusement, deux passantes ont reconnu M. Messaoud, se sont jetées sur les policiers et ont crié le nom de M. Messaoud pour ameuter les passants.

M. Messaoud a dû se rendre à l’hôpital le lendemain pour passer un scanner. Plusieurs autres personnes, en majorité des opposants politiques, ont également été battues par la police lors de la marche du 2 avril 2009.

L’Observatoire dénonce ces violences et cette tentative d’enlèvement à l’encontre de M. Messaoud. L’Observatoire craint que ces menaces ne visent uniquement à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme, en particulier ses récentes prises de positions en faveur du respect des libertés fondamentales, dans un contexte de crise institutionnelle en Mauritanie.

L’Observatoire exhorte la junte mauritanienne à cesser tout acte de répression envers l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme, se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et, plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la Mauritanie.

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