ARRESTATIONS ARBITRAIRES

19/01/1998
Communiqué

Samedi 17 janvier, à 15h30, la police mauritanienne a procédé à l’arrestation de trois hautes personnalités, internationalement connues pour leur combat pour la promotion et la défense des droits de l’Homme en Mauritanie. Il s’agit du Professeur Cheikh Saad Bouh Kamara, Président de l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH), affiliée à la FIDH, de Monsieur Boubacar Ould Messaoud, Président de SOS Esclaves et de Monsieur Brahim Ould Ebetty, Secrétaire général de l’ordre national des avocats et membre du parti d’opposition Union des Forces Démocratiques.

Ces trois personnes sont actuellement détenues à la sûreté nationale et n’ont pu être approchées ni par leurs proches, ni par leurs avocats, ni par un médecin.

Elles ont apparemment été arrêtées à la suite de la diffusion sur canal France International d’une émission sur la pratique de l’esclavage en Mauritanie, à laquelle participait notamment le Président de SOS Esclaves. Aucune charge n’a pour l’instant été retenue contre eux. Trois autres personnes qui intervenaient dans le reportage incriminé auraient également disparu ou été arrêtées. La FIDH et son affiliée poursuivent leurs investigations sur ces cas.

Une coordination de onze organisations de défense des droits de l’Homme, dont l’AMDH et SOS Esclaves, a demandé à rencontrer le Ministre de l’Intérieur aujourd’hui, lundi 18 janvier, à 12 heures (heure locale), afin de pouvoir visiter les détenus et connaître les motifs de leur arrestation.

La Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) a des raisons sérieuses de penser que ces arrestations visent exclusivement à sanctionner l’engagement des personnes arrêtées en faveur du respect des libertés fondamentales, et ce en contradiction flagrante avec les engagements souscrits par la Mauritanie dans le domaine des droits de l’Homme et avec la Déclaration Universelle des droits de l’Homme.

Considérant ces détentions comme manifestement arbitraires, la FIDH demande aux Autorités mauritaniennes de procéder à la libération immédiate des personnes détenues.

Elle appelle également les Autorités mauritaniennes à "garantir aux associations non gouvernementales de défense des droits de l’Homme et à leurs membres les moyens d’une action libre de toute entrave pour la promotion et la défense des droits et libertés fondamentales", comme cela a été également demandé par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint FIDH/OMCT.

L’année 1998 est l’année du cinquantenaire de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme. A cette occasion, la FIDH appelle les Etats, en l’espèce la Mauritanie, à faire la démonstration de leur engagement pour la mise en oeuvre des principes garantis par cette Déclaration.

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