Les anciens grévistes de la Mine d’or de Morila demandent justice,

18/04/2008
Communiqué

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation membre au Mali, l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH) demandent que justice soit rendue dans l’affaire des salariés abusivement licenciés de la Somadex (Société malienne d’exploitation, filiale du groupe français Bouygues-BTP).

Lundi 21 avril aura lieu au Tribunal du travail de Bamako la première audience consécutive à une requête en justice aux fins d’indemnisation déposée le 24 Janvier 2008. Dans cette procédure, 218 anciens travailleurs de la mine d’or de Morila, soutenus par la FIDH et l’AMDH en collaboration avec Avocats sans frontières-Mali (ASF), demandent leurs droits.

En 2005, ces salariés de la Somadex, chargée de l’extraction de l’or sur le site de Morila, avaient été licenciés à la suite d’une grève, au cours de laquelle ils revendiquaient principalement le versement de la prime de rendement, prévue par l’article 265 de la Convention collective de 1985 en cas de dépassement des objectifs d’exploitation. Or à Morila, au lieu des 33 tonnes initialement prévues, ce sont 83 tonnes d’or qui ont été extraites en trois ans, donnant droit aux salariés, selon les textes, à 17 milliards de Francs CFA (près de 26 millions d’euros). Après plusieurs procédures judiciaires, qui toutes ont donné raison aux salariés, la direction de la Somadex n’a accepté de verser que 500 millions de Francs CFA (environ 760 000 euros).

Par ailleurs, 9 grévistes ont été détenus pendant plus d’un an, tandis que 23 autres ont passé plus d’un mois en prison, à la suite de l’incendie de deux bus stationnés dans la cour de la gendarmerie, en violation des dispositions du Pacte international sur les droits civils et politiques, ratifié par le Mali, relatives à l’égalité de traitement devant la justice et aux droits de la défense.1 Parmi eux : essentiellement des leaders du mouvement syndical. A ce jour, ils sont toujours en liberté provisoire, dans l’attente d’un jugement.

Selon Yaya Kondé, doyen des grévistes, « les conditions de travail extrêmement difficiles, occasionnent d’importants problèmes de santé, et de nombreux accidents ».

« Le dernier rapport de mission de la FIDH sur ce sujet l’a bien montré, l’or malien, est le moins cher et le plus rentable d’Afrique, en raison notamment des exonérations fiscales, d’un code minier avantageux, de l’extraction à ciel ouvert et de salaires peu élevés. Il est inadmissible que des entreprises profitent de leur poids économique pour bafouer la législation » a déclaré Maître Brahima Koné, président de l’AMDH.

La FIDH et l’AMDH demandent à l’État malien d’assumer pleinement son rôle de puissance publique, en faisant respecter sa réglementation, et ce malgré son statut d’actionnaire minoritaire dans l’industrie extractive, afin que les travailleurs licenciés puissent rentrer dans leurs droits.

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