Le fossé subsiste entre objectifs et réalisations en matière de lutte contre les discriminations à l’égard des femmes maliennes

03/03/2006
Communiqué

La FIDH et son organisation affiliée, l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH) se félicitent des recommandations adressées au gouvernement du Mali par le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes qui reprennent l’essentiel de leurs préoccupations [1] et demandent aux autorités maliennes de les mettre en œuvre sans délai.

En janvier 2006, le Comité a examiné le rapport unique valant deuxième à cinquième rapports périodiques du Mali sur la mise en oeuvre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF).

Les experts du Comité ont tout d’abord déploré l’absence d’harmonisation du droit malien avec la CEDEF. Le Comité s’est par ailleurs dit préoccupé par la lenteur des réformes du Code du mariage et de la tutelle et du Code de la Nationalité, dont de nombreuses dispositions sont discriminatoires à l’égard des femmes. Les experts ont donc exhorté les autorités maliennes à finaliser la réforme du Code du mariage et de la tutelle avant la fin du premier trimestre 2006, ce à quoi la délégation malienne s’est engagée.

Les experts ont également appelé les autorités à adopter toute mesure nécessaire afin de garantir un accès égal des femmes à l’emploi. L’accent a été mis sur la nécessité de légiférer sur le travail des femmes employées de maison, victimes de harcèlement et de violence de la part de leurs employeurs. Les experts ont invité le gouvernement malien à fournir des informations précises sur l’emploi des femmes dans les secteurs formel et informel dans son prochain rapport périodique.

Le Comité a exhorté le Mali à lutter contre les stéréotypes et les coutumes discriminatoires persistantes afin de mettre fin aux pratiques telles que le mariage précoce et forcé et le lévirat. En particulier, le Comité a insisté sur l’urgence et la nécessité de pénaliser la pratique de l’excision et des autres formes de mutilations génitales et d’intensifier la sensibilisation de la population sur leurs conséquences néfastes, en collaboration avec la société civile locale.

Par ailleurs, les experts ont relevé le problème de la violence à l’égard des femmes et l’absence de législation en la matière. Ils ont par conséquent recommandé la prise de mesures urgentes parmi lesquelles la pénalisation de ces violences, la mise en place de campagnes de sensibilisation, la formation du personnel judiciaire ainsi que la création d’espaces de conseils pour les victimes. Le Comité a également regretté l’inaction du gouvernement en matière de prostitution et de trafic des femmes et a demandé au Mali de mettre en place des programmes de rehabilitation et d’éducation.

Enfin, les experts onusiens ont demandé à l’Etat partie d’adopter toute mesure utile afin de mettre fin aux discriminations à l’égard des femmes handicapées et des femmes en zone rurale, qui restent toujours les plus touchées par l’ensemble des discriminations susvisées.

La FIDH et l’AMDH appellent par conséquent le Mali à mettre en oeuvre sans délai les recommandations du Comité afin d’assurer aux maliennes la pleine jouissance de leurs droits.

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