Lettre ouverte au Ministre des Affaires Etrangères du Mali - Appel à l’adoption de mesures urgentes pour lutter contre les violences sexuelles

06/06/2014
Communiqué
es fr

Bamako, le 6 juin 2014

Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération Internationale,

A la veille du Sommet mondial pour mettre fin aux violences sexuelles en période de conflit, la FIDH et les organisations de défense des droits humains du Mali citées ci-dessus, vous saisissent afin de vous exhorter à prendre des mesures urgentes pour lutter contre ce fléau.

Du 10 au 13 juin 2014, les dirigeants du monde entier, la société civile et des rescapées se réuniront à Londres en Grande Bretagne afin de coordonner des actions concrètes pour mettre fin aux violences sexuelles en temps de conflit. Deux-tiers des Etats du monde se sont déjà engagés à contribuer à ce combat, en signant la Déclaration contre les violences sexuelles, lancée par le Royaume-Uni en avril 2013.

Le Mali est absent de la liste des signataires.

Or, lors de l’occupation des régions du Nord du Mali, des violences sexuelles ont été perpétrées à grande échelle. Aujourd’hui, les victimes continuent de souffrir des séquelles physiques, psychologiques et sociales de ces crimes, alors que les auteurs restent impunis.

Nous appelons le gouvernement malien à démontrer son engagement auprès des victimes et sa volonté à combattre ces crimes en signant la Déclaration sur les violences sexuelles en situation de conflit et en participant au Sommet.

Nos organisations vous exhortent également à :

  • Mettre en place des politiques pour assurer la participation des femmes et des organisations indépendantes de la société civile à tous les processus et aux négociations de paix, avant l’évaluation de la mise en œuvre de la résolution 1325 par le Conseil de sécurité de l’ONU prévue en 2015.
  • Allouer des ressources suffisantes pour assurer la prise en charge médicale, psychosociale, judiciaire et des moyens de subsistance des survivantes et soutenir les organisations locales de femmes qui fournissent de tels services.
  • Prendre des mesures visant à renforcer les lois nationales et leur mise en œuvre afin de prévenir la perpétration de violences sexuelles, en accordant une attention particulière à la formation des magistrats et des auxiliaires de justice en matière d’enquête et de poursuite de ces crimes.
  • Garantir le droit inaliénable des survivantes de crimes sexuels à la vérité, à la justice et à réparation et notamment leur participation aux procédures judiciaires en cours ainsi que leur sécurité ;

En tant qu’associations de défense des droits humains, nos organisations ne ménageront par leurs efforts pour accompagner ces changements.

En vous remerciant par avance de l’attention que vous accorderez à ces demandes, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre parfaite considération.

Organisations signataires
FIDH – Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme
Association Malienne des Droits de l’Homme – AMDH
Association des juristes Maliennes – AJM
Association pour le Progrès et la Défense des Droits des Femmes – APDF
Collectif CRI DE CŒUR
Fédération Nationale des Collectifs d’Organisations Féminines du Mali – FENACOF
Forum des Organisations de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest-FOSCAO-Mali
Groupe Pivot Droit et Citoyenneté des Femmes – GP/DCF
Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires – REFAMP
Réseau Paix et Sécurité des Femmes de l’espace CEDEAO-RESPECO/Mali
Women In Law and Development In Africa – WILDAF

Lire la suite
communique