Crise post électorale : Attention à ne pas compromettre les récentes avancées judiciaires

Engagées aux côtés de 200 victimes dans les procédures judiciaires concernant la crise post électorale, nos organisations [1] saluent les récentes avancées dans les instructions visant les crimes les plus graves commis pendant cette période, mais sont vivement préoccupées par la perspective d’une clôture imminente de ces dossiers, qui ne permettrait pas la tenue de procès satisfaisants.

A l’issue d’une mission internationale en Côte d’Ivoire, la FIDH, le MIDH et la LIDHO, qui sont constituées parties civiles et assistent les victimes devant les juridictions ivoiriennes, expriment leur préoccupation en raison des informations concordantes faisant état d’une possible clôture des dossiers d’instruction concernant les crimes les plus graves dès la fin du mois de juin.

« En quelques mois, la justice ivoirienne a fait d’importants progrès dans les enquêtes en cours. Mais une clôture trop rapide de ces instructions, qui ont longtemps été retardées, hypothèquerait la suite des procédures et l’espoir de vérité et de justice des victimes  », a déclaré Me Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH et avocat des victimes.

Certes, des avancées remarquées ont été réalisées dans l’évolution des dossiers en cours, et ainsi plusieurs éléments FRCI visés par le rapport de la Commission nationale d’enquête, y compris de haut rang, ont été formellement mis en cause par la justice ivoirienne. Pourtant, il reste beaucoup à faire dans la recherche des preuves et l’établissement des responsabilités, sans compter le travail encore à accomplir s’agissant des violences sexuelles ou de certaines zones géographiques.

« Il ne faudrait pas que des considérations politiques, notamment électorales, dictent la cadence judiciaire, au détriment des victimes qui ne pourraient se satisfaire de procès précipités » a déclaré Me Yacouba Doumbia, président du MIDH

Nos organisations appellent donc les autorités ivoiriennes à garantir le bon exercice de la justice en permettant à la Cellule spéciale d’enquête et d’instruction de poursuivre jusqu’à leur terme les enquêtes en cours, en vue de la tenue ultérieure de procès impartiaux et équitables.

«  La récente décision de la Cour pénale internationale concernant Simone Gbagbo a montré que, pour convaincre de sa crédibilité, la justice ivoirienne devait approfondir les enquêtes plutôt que de chercher à avancer dans la précipitation et risquer de reproduire le mauvais exemple des atteintes à la sûreté de l’État » a déclaré Me Drissa Traore, vice président de la FIDH.

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