Audience de confirmation des charges contre Charles Blé Goudé à la CPI : une avancée vers la vérité

Une délégation de la FIDH, la LIDHO et du MIDH a assisté à La Haye à l’audience de confirmation des charges contre Charles Blé Goudé, ancien ministre ivoirien de la jeunesse et présumé chef des milices Jeunes patriotes, qui s’est tenue du 29 septembre au 2 octobre 2014.

Charles Blé Goudé aurait eu un rôle clef auprès de Laurent Gbagbo et aurait fait office d’intermédiaire entre ce dernier et les jeunes pro-Gbagbo. Il aurait ainsi engagé sa responsabilité en tant que co-auteur indirect pour les crimes contre l’humanité de meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains, commis entre décembre 2010 et avril 2011 en Côte d’Ivoire.

La FIDH, la LIDHO et le MIDH ont salué cette étape supplémentaire vers l’établissement de la vérité et des responsabilités, mais ont également rappelé au Bureau de la Procureure de la CPI, lors d’une rencontre à la Haye, la nécessité de poursuivre les auteurs de crimes graves commis par toutes les parties à la crise.


A la suite de cette audience de confirmation des charges, les juges de la Chambre préliminaire I auront à décider s’il y a ou non des motifs substantiels de croire que le suspect a commis des crimes contre l’humanité lors des violences post-électorales en Côte d’Ivoire en 2010-2011.

« La CPI doit passer des déclarations aux actes et démontrer sa volonté de poursuivre les responsables de crimes internationaux de tous les camps, ce qui est d’autant plus important que les poursuites en Côte d’Ivoire demeurent déséquilibrées et les procédures judiciaires avancent au ralenti », ont déclaré nos organisations. « La CPI doit également permettre aux victimes des crimes poursuivis devant elle de participer effectivement et de manière significative aux procédures ».

Nos organisations, qui sont constituées parties civiles dans les procédures nationales concernant les crimes commis lors des violences post-électorales, réitèrent leur appel aux autorités ivoiriennes à ce que des moyens juridiques et matériels conséquents soient alloués à la Cellule spéciale d’enquête et d’instruction, afin de la rendre véritablement opérationnelle.

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