Lettre ouverte à M. Azali Assoumani, Président de l’Union des Comores

29/10/2003
Communiqué

Monsieur le Président de l’Union des Comores,

La FIDH et la LDH sont fortement préoccupées par la situation actuelle de Me Larifou, membre de section de la Ligue française des Droits de l’Homme de l’île de La Réunion et avocat au barreau de St Pierre de La Réunion.

Me Larifou a été arrêté le 22 septembre 2003, le jour d’une manifestation pacifique organisée par son parti, le Ridja (Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie), qui visait à dénoncer la hausse des prix de produits de première nécessité décidée par le gouvernement et qui, selon Me Larifou, aggrave considérablement les "difficiles conditions d’existence" des Comoriens.
Depuis, il a passé 48 heures de garde à vue et 21 jours de détention provisoire, sous le chef d’inculpation d’« atteinte à la sécurité de l’Etat et déstabilisation ».

Remis en liberté le mercredi 15 octobre, Me Larifou reste soumis à un sévère contrôle judiciaire l’obligeant à se présenter chaque jour devant le juge, avec interdiction de parler aux journalistes et aux hommes politiques et de quitter l’île de la Grande-Comore. Il est ainsi dans l’incapacité de rejoindre sa famille à l’île de La Réunion et ne peut exercer sa profession.

Malgré les perquisitions au siège de son parti et l’interrogatoire du secrétaire national du Ridja, aucune preuve tangible ne semble à présent étayer l’accusation. Aussi, dans ses conditions, la FIDH et la LDH sont vivement préoccupées par la décision prise par le procureur, refusant, le 27 octobre dernier, de lever le contrôle judiciaire qui pèse contre M. Larifou. La FIDH et la LDH demandent aux autorités comoriennes de se conformer aux dispositions internationales relatives à la protection des droits de l’Homme, imposant une comparution judiciaire dans les délais les plus court, au regard du principe du droit à un procès équitable. En tout état de cause, nous demandons à ces mêmes autorités de permettre à Me Larifou de se déplacer librement et de pouvoir retourner à La Réunion.

La FIDH et la LDH s’adressent ainsi au Président de l’Union des Comores en tant que garant de la mise en œuvre des normes internationales de protection des droits de l’Homme, notamment celles relatives au droit à un procès équitable.

Veuillez recevoir Monsieur le Président, l’expression de notre plus haute considération.

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