Torture au Cameroun : la routine

14/10/2005
Rapport

Les organisations de défense des droits de l’Homme camerounaises, l’Acat-Littoral et la Maison des droits de l’Homme, avec le soutien de la FIDH, publient un rapport intitulé "Torture au Cameroun : la routine".

Ce rapport fait une évaluation de la mise en oeuvre par l’Etat du Cameroun des recommandations émises par le Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture après sa visite dans ce pays en 1999. Il se fonde sur le travail quotidien de l’Acat-Littoral et de la Maison des droits de l’Homme auprès des victimes de torture au Cameroun ainsi que sur le rapport d’enquête de la FIDH publié en 2003, "La torture au Cameroun : une réalité « banale », une impunité systématique" 1.

Si ce rapport met en lumière quelques timides avancées en matière de promotion et de protection des droits de l’Homme au Cameroun, notamment la prochaine mise en oeuvre d’un nouveau code de procédure pénale, il insiste surtout sur la pratique constante de la torture dans ce pays et l’impunité quasi-totale conférée aux auteurs de ces actes.

La torture est en effet encore très largement répandue dans les lieux de détention, au stade de la garde à vue dans les commissariats et les gendarmeries ainsi qu’en milieu carcéral, comme l’attestent les nombreux cas recensés dans ce rapport. L’existence de telles pratiques est corroborée par une liste de corps déposés à la morgue de l’Hôpital Laquintinie entre avril et octobre 2004 par les fonctionnaires des administrations policière et pénitentière. En outre, alors que les auteurs des actes de torture sont très souvent connus, la très grande majorité des cas sont classés sans suite, ce malgré les quelques plaintes dépôsées avec courage par les victimes. Ceci semble illustrer que la torture est non seulement pratiquée mais également largement tolérée par les autorités politiques et judiciaires camerounaises.

Enfin, ce rapport met en exergue les très mauvaises conditions de détention au Cameroun et met l’accent sur la grande insécurité qui règne dans la prison centrale de Douala du fait de l’existence de brigades dites antigangs.

En conclusion de ce rapport, l’Acat-Littoral, la Maison des droits de l’Homme et la FIDH prient le Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture d’exercer les pressions nécessaires auprès des autorités camerounaises afin qu’elles mettent en oeuvre ses recommandations et qu’elles respectent strictement l’ensemble des dispositions de la Convention contre la torture de 1984 qui lie le Cameroun.

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