Inauguration d’un centre de formation aux droits de l’homme sur fond d’exécutions sommaires

13/03/2001
Communiqué

L’adjoint de Mary Robinson, Haut Commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, doit se rendre demain au Cameroun, afin d’inaugurer un nouveau " Centre de formation aux droits de l’homme et à la démocratisation " à Douala.

Cette information pourrait passer inaperçue si la situation des droits de l’homme au Cameroun n’avait pas autant empiré ces derniers mois. En effet, le nombre des victimes du " fameux " Commandement opérationnel (C.O.) ne cesse d’augmenter sans qu’aucune mesure ne soit prise par les autorités camerounaises pour faire cesser leurs exactions à l’encontre des populations civiles. Le C.O. a été créé par décret afin de mettre un terme au banditisme. Ce décret du 20 mars 2000, adopté par le Président de la République Paul Biya, est censé avoir été abrogé. En réalité, il existe toujours. Le C.O. est composé d’un mélange de forces armées, à savoir, l’armée camerounaise, la police et la gendarmerie. Sous prétexte d’accomplir sa mission, il pratique de façon quotidienne les arrestations arbitraires, mauvais traitements, rafles, pillages, extorsions de fonds, etc.

Le 11 mars 2001, plusieurs dizaines de personnes, membres du " Comité des 9 " ont défilé dans les rues afin de protester contre les méthodes du C.O. Le " Comité des 9 " a été baptisé du nom des neuf personnes raflées par le Commandement opérationnel dans la nuit du 23 au 24 janvier dernier et dont personne n’a obtenu de nouvelles depuis.

La police a réprimé très fermement cette manifestation des sympathisants, familles et amis des victimes du C.O. Certains ont été frappés à la tête, nécessitant des points de suture, d’autres portaient des ecchymoses attestant des coups reçus.

Le Cardinal Tumi, Archevêque de Douala, a demandé des explications au Gouvernement sur les méthodes de répression du banditisme au Cameroun. Aucune réponse ne lui a été apportée. La Nouvelle Expression, journal indépendant, titrait le 9 mars 2001 " L’an 1 du Commandement opérationnel ", et publiait au sein de son édition des photos de cadavres. " Où sont passés les prisonniers du C.O. " ?

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) estime que cette question devrait être la première posée par le représentant des Nations Unies aux autorités camerounaises, et ce avant toute inauguration d’un centre des droits de l’homme au Cameroun, fut-il une initiative régionale !

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