Intervention orale de la fidh et du mbdhp a la dixieme session du conseil des droits de l’homme des nations unies a geneve

19/03/2009
Communiqué

Monsieur le Président,

La Fédération Internationale des Ligues des droits de l’Homme et son organisation membre, le Mouvement Burkinabè des droits de l’Homme et des peuples prennent note de certains engagements très volontaristes pris par le Burkina Faso dans son rapport soumis à l’examen du Conseil, notamment ceux contenus aux paragraphes 7 à 33.
Nos organisations déplorent néanmoins que la grande majorité des recommandations non acceptées par le Burkina Faso concernent des sujets majeurs de préoccupations des populations burkinabè. En effet, la recommandation formulée au paragraphes 58 a) concernant l’indépendance du système judiciaire a été rejetée, alors que les entraves à l’idépendance et au bon fonctionnement de l’institution judiciaire demeurent nombreuses à l’heure actuelle, provoquant une crise de confiance aigue de la part des justiciables et des victimes.
Le Burkina Faso a en outre rejeté comme infondées les recommandations relatives à la liberté de presse faites aux paragraphes 38b) et 74a). Nous soulignons à cet égard qu’au début de l’année 2009, des journalistes du journal le Repporteur ont été ménacés pour s’être intéressés au dernier rapport de la Cour des Comptes mettant en cause la gestion financière de certaines personnalités publiques.
Nous regrettons aussi la non approbation par le Burkina Faso des recommandations contenues aux paragraphes 38, 44, 49, 72, 78 et 87, toutes relatives à la ratification du deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à l’abolition de la peine de mort. Cette situation n’est pas compatible avec le statut abolitionniste de fait du Burkina Faso et le moratoire instauré en 2008, ainsi qu’avec la réflexion en cours au sein même du gouvernement en vue d’adopter une loi d’abolition et et de commuer les condamnations à mort déjà prononcées.

Nous recommandons donc au Gouvernement burkinabè de prendre en compte toutes les recommandations qui lui ont été adressées dans le cadre de l’EPU, et notamment de :
garantir l’indépendance de l’institution judiciaire ;
garantir la liberté d’expression à travers une presse libre et indépendante
ratifier le Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et adopter une loi d’abolition de la peine de mort avec commutation des condamnations déjà prononcées en d’autres peines ;
inviter toutes les procédures spéciales du Conseil à examiner l’état des droits humains au Burkina Faso.

Merci Monsieur le Président.

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