La Fédération

188 organisations de défense des droits humains à travers le monde

Etat d’urgence : des mesures déclarées anticonstitutionnelles

L’État d’urgence a été levé au 1er novembre dernier, pour être immédiatement remplacé par un régime d’exception permanent, inspiré de plusieurs dispositions appliquées pendant une durée inédite de près de deux ans. La Ligue des droits de l’Homme a dénoncé avec constance les restrictions que ces mesures, au demeurant inefficaces dans la lutte contre le terrorisme, portaient aux droits et libertés. L’état d’urgence a conduit à une confusion des pouvoirs au profit de l’exécutif, en évinçant le juge judiciaire. La LDH a engagé, en conséquence, des recours devant les tribunaux et soulevé la constitutionnalité de ces dispositions, comme cela a été le cas en avril 2017 sur la présente décision.

Le Conseil constitutionnel lui donne une nouvelle fois raison, sur la question des contrôles d’identité et des fouilles de bagages et de visites de véhicules réalisés dans le cadre de l’état d’urgence, sous la seule autorité des pouvoirs administratifs, en les déclarant contraires à la Constitution.

La LDH se félicite de cette décision du Conseil constitutionnel, tout en regrettant que ses effets soient reportés à juin 2018 ; les procédures engagées sur la base de ces dispositions reconnues contraires à la Constitution ne pourront être contestées avant cette échéance.

La LDH réaffirme qu’elle continuera à lutter pour la défense des libertés publiques et individuelles ; la lutte contre le terrorisme devant et pouvant s’inscrire avec efficacité dans un cadre respectueux de l’État de droit.

Nos droits, notre combat, notre futur

La FIDH, réunie pour son 40ème Congrès à Taiwan du 21 au 25 octobre 2019

Il y a presque 100 ans que notre Fédération a été fondée, et plus de 70 ans que la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) a été adoptée. Reste que l’universalité des droits humains n’a jamais été à ce point remise en question, tant au niveau normatif que politique. Le mouvement global des droits humains doit donc se mobiliser, défendre les promesses portées dans la DUDH, et lutter contre toute atteinte à l’universalité. C’est un impératif pour nous.

1. Des crises à traiter

1a. Promouvoir un multilatéralisme axé sur les droits humains

Les instruments et mécanismes régionaux et internationaux de défense des droits humains ont inspiré une multitude d’avancées et ont été un vecteur d’universalisation des droits humains. Ils sont essentiels pour permettre aux défenseurs des droits humains de faire entendre leur voix et condamner les violations. Or, leur effectivité et leur impact sont affectés. Les moyens mis à leur disposition s’amenuisent.

Le Conseil de sécurité des Nations unies, pris en otage par le droit de véto de ses cinq membres permanents, ne remplit plus pleinement ses fonctions face à la multiplication des crises. En témoigne son incapacité à répondre aux crises telles celles qui traversent la Syrie, la Crimée ou la Palestine, dans le respect des droits humains, par et pour le bénéfice de ceux-ci.

La justice internationale fait également face à de multiples défis. Les difficultés rencontrées pour la voir se déployer de manière universelle, pour mettre les grandes puissances face à leur responsabilité ainsi que la multiplication des politiques hostiles entravent la justice internationale. Les attaques récentes de l’Administration Trump à l’encontre de la CPI et de son personnel en sont une dernière illustration.

La gouvernance économique est menée en dehors des fora multilatéraux mondiaux et en contradiction avec les engagements internationaux en matière de droits humains, tandis que les initiatives internationales pour concilier économie et droits humains peinent à se concrétiser.

En parallèle, la carte géopolitique mondiale et les rapports entre États sont en mutation, comme l’est la répartition des pouvoirs entre les acteurs publics et privés. Différents acteurs consolident leur position à l’échelle mondiale, tandis qu’ils ont pour objectif assumé de saper l’ordre international et la protection des droits humains.

Le multilatéralisme doit pouvoir être repensé, réinvesti et renforcé dans sa fonction de garant d’une gouvernance mondiale au service des droits humains.

1b. Promouvoir les droits humains et l’État de droit dans des démocraties en crise

Les démocraties élisent des dirigeants qui promeuvent des politiques conflictuelles, autoritaires et illibérales. Ces politiques restreignent les libertés, remettent en cause le caractère universel et indivisible des droits humains et limitent la portée des systèmes de protection universels.

L’instrumentalisation et la confiscation de la démocratie par l’extrême droite populiste et/ou par les régimes autoritaires engendrent de nouveaux défis pour les défenseurs des droits humains. Résistance et résilience doivent aller de pair avec le renforcement d’alliances entre les organisations de défense des droits humains et les mouvement sociaux.

2. Élargir nos horizons : étendre la portée et les normes en matière de droits humains

Les sociétés contemporaines sont confrontées à de nouveaux enjeux qui ne peuvent être résolus efficacement que si les droits fondamentaux servent de cadre.

2a. Technologies numériques

Les technologies numériques deviennent essentielles pour servir l’action des défenseurs des droits humains dans le monde entier et pour donner la parole aux populations opprimées et marginalisées dans la mesure où elles y ont accès. Elles servent aussi hélas aux régimes autoritaires, qui en usent pour identifier et réprimer les voix dissidentes. De même, les avancées que présentent les algorithmes et l’intelligence artificielle ouvrent de nouveaux horizons notamment dans les domaines des soins médicaux, des transports ou de l’éducation ou encore, de façon plus problématique, comme auxiliaires de police ou de justice prédictives. Ils peuvent également menacer le fonctionnement des démocraties, les droits humains et l’État de droit. En conséquence il est indispensable de réaliser des évaluations d’impact sur les droits humains de ces systèmes, de généraliser l’éducation au numérique et de faire adopter des textes internationaux contraignants visant à assurer le droit d’accès à l’Internet pour tous, à la protection de la vie privée et à protéger les droits humains, les promouvoir et les défendre efficacement dans ces nouveaux environnements.

2b. Utiliser les droits humains pour aborder les enjeux environnementaux

L’humanité est confrontée à un défi majeur depuis le début du réchauffement climatique. Ses conséquences sont toutefois également tangibles du point de vue des droits humains : les inégalités et discriminations sont amplifiées, les migrations augmentent, les défenseurs sont ciblés et les communautés durement impactées.

Les individus ont droit à un environnement sain, une protection contre les atteintes à la vie. Les droits collectifs liés à l’environnement, le droit à la terre, le droit à l’eau méritent d’être davantage reconnus et renforcés.

2c. Renforcer la responsabilisation et les obligations des entreprises

La régulation des entreprises se renforce dans le monde et les initiatives qui les obligent à rendre des comptes en cas de violations des droits humains se multiplient. Après l’adoption des Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme des Nations unies en 2011, des directives de l’OCDE et le renforcement des législations obligeant les entreprises à respecter les droits humains dans la chaîne d’approvisionnement, auxquels il convient de donner corps et effectivité, nous devons également appuyer les dynamiques naissantes visant à renforcer davantage le cadre en matière de responsabilisation des entreprises au niveau régional, national et international. Au rang de celles-ci, figurent les négociations au sein des Nations unies concernant l’élaboration d’un traité contraignant pour les entreprises et les droits humains.

3. Consolider les fondements de notre mouvement : faire de la jouissance et du respect des droits humains une réalité pour tous

Les droits humains comptent dès lors qu’ils s’adressent à tous et chacun. Sinon, les droits deviennent des privilèges pour certains. Notre mouvement doit poursuivre son action pour faire des droits humains et de la justice sociale une réalité à l’échelle universelle.

3a. Défendre les défenseurs

Agents du changement à travers le monde, les défenseurs des droits humains sont aujourd’hui de plus en plus présentés dans le débat public comme des « menaces pour la sécurité nationale », des « terroristes », des « traîtres » et des « ennemis de l’État » ou « du développement » pour s’être opposés aux politiques mises en place par les autorités, voire même pour avoir dénoncé l’impact des activités économiques ou l’expropriation des communautés locales.

Forts de cette rhétorique, les gouvernements s’attaquent à l’action de la société civile par le truchement de mesures nationales et internationales de lutte contre le terrorisme, et imposent des restrictions diverses aux ONGs, ce qui restreint leur capacité d’action. Dans de plus en plus de régions du monde, les défenseurs des droits humains sont menacés dans leur liberté et leur sécurité.

3b. Modifier les récits pour les migrants et les réfugiés

L’inégalité mondiale et la répartition inégale des richesses constituent une source majeure de migration. Tant que la répartition inégale des richesses s’accentuera, les flux migratoires ne feront qu’augmenter.

La communauté internationale et la société civile doivent travailler ensemble pour lutter contre les violations des droits qui conduisent aux migrations, développer des politiques qui sécurisent les routes migratoires et lutter contre la criminalisation des défenseurs de droits humains qui viennent en aide aux migrants. L’intégration des migrants ne peut se faire dans des conditions de ségrégation. La ségrégation alimente le discours d’extrême droite qui considère les migrants comme des envahisseurs. Changer ce récit est un défi majeur. A défaut, les droits et la cohésion sociale sont gravement menacés.

3c. Répondre aux menaces qui pèsent sur l’universalité des droits des femmes

Dans le monde entier, les droits des femmes sont l’objet de restrictions voire d’aliénation en raison de l’instrumentalisation d’un héritage culturel et religieux, de traditions ancestrales et de pratiques discriminatoires d’origine patriarcale.

Beaucoup de femmes subissent des discriminations dans la reconnaissance et la jouissance de leurs droits au sein de la famille, leurs droits à la santé, leurs droits reproductifs et sexuels, leurs droits économiques, sociaux et politiques, sur la base tant de l’égalité dans la loi que de l’égalité devant la loi. Elles sont victimes de violence, de traite et de féminicide.

Dans des contextes de régimes dictatoriaux, de crimes organisés, de conflits, de changement de régimes politiques, les femmes sont aussi victimes de violences sexuelle. Le viol est utilisé par certains comme une arme de guerre et de nettoyage ethnique. Elles sont soumises à des violences extrêmes de violation de leurs droits humains, de leur citoyenneté et de leur dignité.

La Fédération doit poursuivre ses actions pour défendre les droits des femmes dans ces contextes particulièrement difficiles.

3d. Lutter contre les discriminations LGBTI+

Le concept d’universalité des droits humains est souvent remis en question, notamment lorsqu’il s’agit de défendre les droits des personnes LGBTI+. Dans certaines sociétés ces droits sont taxés de refléter des « valeurs occidentales » par leurs détracteurs. Les personnes LGBTI+ sont alors discriminées et servent d’alibis pour créer un groupe bouc-émissaires menaçant la collectivité, ses valeurs et ses traditions particulières, souvent appelées nationales. Dans de nombreux pays encore, la lutte pour l’égalité des personnes LGBTI+ reste menée par des organisations spécialisées, et n’est intégrée que de façon marginale à l’activité d’organisations de défense des droits humains généralistes. Pourtant, de nombreux pays ont réussi à réduire les discriminations, en particulier grâce à la mobilisation des jeunes. La liste des pays où le mariage entre conjoints du même sexe est légalisé ne cesse de s’allonger, et les législation répressives sont combattues. Il s’agit de mieux identifier les modalités, conditions et les raisons de ces avancées, afin de capitaliser sur celles-ci.

3e. Lutter contre la peine de mort  

Le droit à la vie demeure précaire, menacé par l’application de la peine capitale. C’est en Asie que les pays non abolitionnistes sont les plus nombreux et qu’il y a le plus grand nombre d’exécutions au monde. L’équité de la justice, le droit à un procès et à des procédures équitables sont autant de principes cardinaux dont le respect participe à limiter l’utilisation de la peine de mort et à conduire les pays sur la voie de l’abolition.

3f. La justice, un outil pour renforcer l’universalité des droits

Dans leur quête de justice, de vérité et de réparation, la première étape pour les victimes de graves violations des droits humains et de crimes de droit international est de pouvoir recourir aux tribunaux pénaux nationaux, dans le pays où ces crimes ont été commis. Cependant, plusieurs facteurs peuvent entraver l’accès effectif à la justice à l’échelle locale ou nationale : le manque de volonté politique et/ou de capacité des systèmes de justice nationale, l’affaiblissement ou l’effondrement total des systèmes juridiques, le manque d’indépendance, les obstacles politiques, ou l’absence de mesures de protection pour les victimes ou le personnel judiciaire, par exemple. C’est pourquoi il est nécessaire d’explorer d’autres moyens de lutter contre l’impunité et d’établir les responsabilités des auteurs. Notre action doit en conséquence continuer à soutenir l’accès effectif des victimes de crimes internationaux à d’autres mécanismes de justice, au niveau national en application du principe de compétence extra-territoriale, au niveau régional ou au niveau national, devant des tribunaux mixtes ou internationaux, comme la Cour pénale internationale. Ces mécanismes présentent aussi des défis spécifiques et évolutifs à relever, mais aussi des possibilités de tirer parti des ouvertures au sein de l’architecture de la justice mondiale et garantir l’accès des acteurs locaux à chaque étape.

4. Réhabiliter l’universalité des droits

La dignité humaine est l’axiome des droits. Les êtres humains ont leur dignité parce qu’ils sont humains et c’est tout. C’est cela l’universalité. Les droits humains sont la réponse juridico-politique de la communauté humaine à l’indignation suscitée par les expériences les plus tragiques auxquelles l’humanité a été et continue d’être confrontée, à commencer par les deux guerres mondiales du 20ème siècle. Avant même d’être cet objet juridique d’une immense richesse, ils expriment l’intuition de l’universalité du refus de l’injustice et des atteintes à la dignité humaine.

Que ces enjeux soient anciens ou nouveaux, pour traiter des enjeux liés à la réalisation des droits, notre réponse doit être universelle, et reposer sur une gouvernance cosmopolitique qui dépasse les frontières des États et s’affranchisse des intérêts économiques.

L’universalité des droits humains s’articule parfaitement avec les différences et disparités culturelles, économiques, sociales ou encore historiques. Les droits humains sont le filet de protection minimal des intérêts les plus fondamentaux de l’être humain ; ils donnent corps à sa dignité. Les conventions internationales des droits humains pensent la diversité pour mieux définir ce socle commun. Elles s’attachent à interdire les discriminations au regard des critères qui ont servi, dans l’Histoire, à exclure et marginaliser. Elles consacrent les droits culturels en autorisant, pour de nombreux droits, des aménagements en fonction des particularismes ou des circonstances, à l’exception des droits absolus telle l’interdiction de la torture et des traitements inhumains et dégradants. Ces aménagements doivent nécessairement rester définis par la loi, précis, nécessaires, proportionnés aux buts poursuivis et non discriminatoires.

Les droits humains, indivisibles, sont ainsi le droit et le bien commun et partagé de l’humanité. Les droits servent à la fois la sécurité de nos communautés et la dignité individuelle.

#Askthefuture : donnez en ligne votre avis sur les droits humains du futur !

C’est la mission de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) d’y réfléchir et de travailler à un nouveau modèle de société juste et équitable. Une réflexion à mener ensemble. Car VOS idées comptent.

La FIDH lance donc dans le cadre de son centenaire une consultation citoyenne mondiale : c’est la campagne #Askthefuture.

Nous vous invitons à contribuer sur le site internet du centenaire FIDH100.org. en français, en anglais ou en espagnol.

Ouverte à toutes et tous, sans aucune restriction d’âge, de lieu, de genre ou de nationalité, cette consultation se tiendra du 15 juin au 31 décembre 2022.

En parallèle de ce dispositif en ligne, un certain nombre d’ateliers en présentiel à destination des 16-25 ans sont organisés avec les partenaires de la FIDH à Paris, à Bruxelles et bientôt à Genève. Avec comme objectif de sensibiliser les générations futures à l’idéal universaliste de la FIDH : les mêmes droits pour toutes et tous, partout.

Par exemple, le 18 juin 2022, le Quartier jeunes de la Ville de Paris (situé 4, place du Louvre 75001 Paris) accueillera entre 14h et 18h, quatre sessions d’ateliers ludiques ouvertes aux jeunes pour aborder les trois questions suivantes :
 quelle police pour demain ?
 comment pousser nos politiques à agir sur la question du réchauffement climatique ?
 quels droits pour nos avatars numériques dans le metavers ?

Les ateliers seront animés par des médiateur·ices de la Ville de Paris et des expert·es de notre organisation membre française, la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

 Pour vous inscrire, cliquez ici
 Pour plus d’informations, cliquez ici

Plusieurs moments de restitution de cette consultation citoyenne seront au programme du centenaire de la FIDH d’ici décembre 2022. Pour les connaître, suivre l’Agenda du centenaire.

Agir est le meilleur moyen d’espérer !
Donner son avis c’est déjà s’engager : rendez-vous sur #Askthefuture !

41e congrès : nouvelles résolutions adoptées par la Fédération internationale pour les droits humains

Ce document rassemble plus d’un dizaine de résolutions sur les droits humains et le travail de leurs défenseur⋅es. Leur adoption affirme l’orientation du Bureau international de la FIDH pour ces trois prochaines années. Consultez l’ensemble des résolutions et les organisations à leur origine ci-dessous :

FIDH :Congrès 2022 Résoluti... by FIDH FIDH

14 nouvelles organisations membres à la FIDH pour une fédération plus forte

Paris, Bogota, 14 novembre 2025. Des origines, des cultures, des organisations, des enjeux et des tailles diverses, mais un combat commun : celui de la défense universelle des droits humains. Ces 14 adhésions prouvent la vigueur du mouvement pour les droits humains à travers le monde, la pertinence de la croissance d’une fédération internationale dédiée à ce combat universaliste et la nécessité de joindre les forces de la société civile du monde entier, face aux combats auxquels elle fait face. Défis locaux, problèmes globaux, les organisations de la FIDH trouvent au sein de la fédération un espace de solidarité pour échanger et trouver collectivement des solutions au recul de l’espace civique constaté dans le monde entier.

« Avec ces nouvelles entrées, notre fédération grandit et se renforce, en particulier sur le continent asiatique », déclare Alexis Deswaef, président de la FIDH élu à l’occasion de ce même congrès de Bogota. « C’est un indicateur de vitalité pour le mouvement, mais aussi un signe des temps : alors que les dangers qui pèsent sur la démocratie et le respect des droits se font sentir partout dans le monde, y compris dans les pays considérés comme démocratiques, la société civile ne reste pas inactive. Elle s’organise, elle innove, elle se regroupe, elle propose. En un mot, elle combat. La FIDH est le lieu où ce combat s’organise. »

Des organisations venues du monde entier

ASIE

 Database Center for North Korean Human Rights - NKDB (Corée du Nord). Fondée en 2003, le NKDB est une organisation de défense des droits humains avec une solide expérience en matière de documentation des violations des droits humains en Corée du Nord. Le NKDB travaille avec la FIDH depuis plus de 10 ans. Entre 2021 et 2025, la FIDH et NKDB ont collaboré à la transmission de huit documents clés aux Nations unies (Conseil des droits de l’homme, comités des traités, entre autres). En décembre 2024, la FIDH a participé à un webinaire organisé par le NKDB intitulé, « Corée du Nord et Russie : Complexité des crimes, du statut de victimes et de la lutte contre l’impunité dans les conflits armés ». En janvier 2025, la FIDH a appuyé la participation de NKDB au premier Congrès mondial sur les disparitions forcées à Genève.

 Transitional Justice Working Group - TJWG (Corée du Sud et du Nord). Fondé en 2014, le TJWG est principalement engagé sur les questions des droits humains en Corée du Nord, mais suit également de près la situation en Corée du Sud. En décembre 2022, le TJWG a présenté, conjointement à la FIDH, une contribution adressée au Président sud-coréen en faveur de l’abolition de la peine de mort, puis au Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (Cerd) en janvier 2025 portant sur les discriminations à l’encontre des personnes ayant fui la Corée du Nord.

 South Asia Justice Campaign - SAJC (Inde). La SAJC œuvre à la protection des droits humains, de la démocratie et de la diversité en Inde. Son travail de documentation est particulièrement solide et reconnu, sur les droits des minorités dans l’Uttar Pradesh et l’Assam, ainsi que dans d’autres États où les minorités musulmanes sont menacées. La SAJC et la FIDH collaborent depuis 2023 sur des actions de plaidoyer international en lien avec l’Inde, notamment à travers plusieurs débats stratégiques et des séminaires conjoints.

 Info Birmanie (Myanmar). Association loi 1901 de droit français, fondée en 1996 et dédiée à la défense des droits humains au Myanmar, elle travaille au soutien des opposant·es et victimes de la junte militaire au pouvoir depuis 2021. Après s’être mobilisées sur le désengagement de TotalEnergies, la FIDH et Info Birmanie ont travaillé ensemble sur la responsabilité de banques, compagnies, institutions financières en co-signant des courriers et en organisant des webinaires d’information. Depuis juin 2025, un travail conjoint de documentation a été lancé sur les violations des sanctions liées à l’industrie aéronautique au Myanmar, AF17 (une recherche sur le détournement de matériel civil à des fins militaires, la fourniture de services de maintenance, la fourniture de biens à double usage et d’armes potentielles de qualité militaire).

 Afghanistan Democracy and Development Organization - Addo (Afghanistan). L’Addo est une ONG dédiée à la promotion des droits humains, la démocratie et l’état de droit en Afghanistan, fondée en 2013 à Kaboul. Son expérience réside en particulier dans la justice transitionnelle. Bien que forcés à l’exil, ses membres continuent de mener un travail de documentation et de plaidoyer au niveau international.

AMERIQUE LATINE

 Urnas Abiertas (Nicaragua). Urnas Abiertas est un observatoire de recherche et de surveillance citoyenne, engagé dans la défense de la démocratie, des droits humains et la lutte contre la corruption au Nicaragua. Une grande partie des membres d’Urnas Abiertas sont des victimes de la répression du régime, qui les a contraint·es à l’exil depuis 2019. Depuis 2023, Urnas Abiertas travaille en partenariat avec la FIDH. Cette dernière a apporté un soutien technique visant à renforcer ses capacités de documentation des crimes graves commis au Nicaragua. De plus, les deux organisations ont partagé des espaces de plaidoyer à l’échelle internationale, comme lors de la mobilisation pour le renouvellement de la résolution sur le Nicaragua en 2023 et 2025.

 Instituto de Abogados para la Protección del Medio Ambiente, Instituto de Abogados para la Protección del Medio Ambiente - Insaproma (République dominicaine). Créée en 2013, Insaproma travaille sur le droit à l’environnement. Depuis 2023, Insaproma entretient une collaboration active avec la FIDH dans le cadre de plaintes déposées pour violations des droits humains et environnementaux liées au fonctionnement de la Centrale thermoélectrique de Punta Catalina (CTPC) en République dominicaine. Cette coopération s’est concrétisée par l’élaboration conjointe d’un rapport technique et juridique, présenté au Comité des droits de l’enfant des Nations unies (CRC) le 5 septembre 2023. Le rapport documente l’échec de l’État dominicain à prévenir et à remédier aux impacts du CTPC sur la santé des enfants et l’environnement. Le rapport est basé sur des données vérifiées sur le terrain, appuyé par une équipe interdisciplinaire d’experts et soutenu par des institutions académiques internationales.

AFRIQUE

 Public Law Center - Pilc (Tchad). Pilc est une organisation non gouvernementale de droit tchadien fondée en 2007. L’organisation tchadienne collabore avec la FIDH depuis 2008, en particulier avec l’ATPDH et la LTDH, ses organisations membres au Tchad. Depuis 2019, le Pilc a contribué à plusieurs actions menées par la FIDH sur la situation des droits humains au Tchad, au Sahel, et en faveur des droits des femmes en Afrique.

MAGHREB

 Riposte Internationale - RI (Algérie). RI publie des rapports réguliers sur la situation des droits humains en Algérie et défend les droits des minorités et des populations opprimées dont les Amazigh en Algérie. RI et la FIDH ont menées plusieurs prises de positions conjointes sur les violations des droits humains en Algérie, le rétrécissement de l’espace civique et les menaces contre les défenseur·es des droits humains.

 Beity (Tunisie). Association fondée en 2012, Beity lutte contre les discriminations, les violences de genre et la vulnérabilité économique et sociale des femmes. Beity est partenaire de la FIDH depuis sa création en 2012 et ont organisé ensemble plusieurs rencontres consacrées à la lutte contre les violences à l’égard des femmes en Tunisie, dans le Maghreb et la région Mena. Depuis le coup d’État du 25 juillet 2021, Beity s’est distinguée par ses positions critiques face aux dérives autoritaires. Malgré les pressions exercées sur la présidente de l’association, elle a continué à dénoncer les atteintes à la démocratie et à l’état de droit.

ASIE CENTRALE

 Kadyr-Kasiyet – Dignity (Kazakhstan). Fondée en 2009, Dignity œuvre à la protection et la sécurité des défenseur·es des droits humains au Kazakhstan et dans d’autres pays d’Asie centrale. Très active malgré le climat de répression au Kazakhstan, Dignity s’inscrit dans des partenariats durables avec des organisations internationales de défense des droits humains dont la FIDH.

EUROPE DE L’EST

 Truth Hounds (Ukraine). Truth Hounds (TH) est spécialisée dans la documentation des crimes de guerre et contre l’humanité et enquête depuis 2014 sur des milliers de cas de violence en lien avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’organisation a mené 20 missions sur le terrain et enregistré plus de 13 000 actes violents au cours de la seule année 2023. La FIDH a entamé une collaboration fructueuse il y a huit ans.

ANTILLES

 Kimbé Rèd FWI (France / Antilles / Territoires d’outre-mer). Kimbé Rèd effectue un travail juridique et de plaidoyer, au niveau national et international, en étroite collaboration avec la FIDH et la LDH afin de contraindre la France à étendre la protection accordée par la Charte sociale européenne à ses territoires ultramarins. Ce travail juridique peut servir au-delà du cas français et permet de remettre en cause l’existence d’une exclusion territoriale de tels territoires de l’application d’instruments internationaux de protection des droits.