Les carnets de la CADHP #6 et #7

Pendant que les États et les ONG interviennent, la FIDH donne le tempo sur
les droits des femmes, les élections et la justice !

La CADHP est bien entrée en matière avec les interventions des États et des
ONG sur la situation des droits de l’Homme en Afrique. L’Éthiopie et le Rwanda
ont été les deux États les plus virulents et ont réagi de façon
disproportionnées sur les critiques conjointes de la FIDH et du EAHRP
concernant les élections et la situation des défenseurs des droits de l’Homme
et des libertés publiques dans ces deux pays. Hassan Cher, s’est même fait
alpaguer par le représentant éthiopien en sortant de la salle...

Justice quant tu le tiens.... La FIDH était en effet
intervenue fortement sur l’importance des 10 élections qui se déroulent en
Afrique en 2010. Et ce n’est pas fini ! Dans les 18 prochains mois, 15
élections doivent se tenir en Afrique ! Autant d’occasion ou de risques de
dérapages pour ceux qui veulent se maintenir ou prendre le pouvoir par tous les
moyens (manipulations des constitutions, violences, coups d’États, intimidation
et répression des opposants politiques et des défenseurs des droits de l’Homme,
etc). La FIDH a appelé la CADHP a adopter des positions fortes sur ce problème
en interpellant les états, en allant sur place, en saisissant le Conseil de
paix et de sécurité de l’UA, etc. Bref, à ne pas jouer l’indifférence mais bien
prévenir le vol organisé du libre choix des africaines et des africains.

(Photo de la CADHP et d’un intervenant)

Dans son intervention, Dismas Kitenge (Vice-président de la FIDH) a mis
l’accent aussi sur le soutien que le principale organe de défense des droits de
l’Homme en Afrique, la CADHP devait apporter à la lutte contre l’impunité des
crimes les plus graves et donc à la Cour pénale internationale dont al
conférence de révision se tient à la fin du mois. Comme un écho à l’événement
parallèle organisé le 12 mai par la FIDH (lien), les discussions dans les
couloirs et entre les participants tourne autour de cela. L’option d’une Cour
pénale africaine est balayée devant les problèmes fondamentaux que cela pose et
devant l’importance du symbole universel de la Cour pénale. Une Cour pénale
africaine aurait-elle eu les moyens d’enquêter et de délivrer un mandat d’arrêt
contre le président en exercice du Soudan, Omar El Béchir ? A moins que ce
ne soit cela l’objectif....Ah justice quant tu le tiens...ne le lâche
pas ! ont répondu en cœur les ONG.

La CADHP va-t-elle se prononcer pour soutenir comme elle l’avait fait dans
le passé la CPI ? C’est l’un des défis de cette session.

Exiger les mêmes droits pour les femmes

Sans revenir sur les déclarations du représentant du Swaziland qui louait
l’importance de défendre les droits des femmes et de ses quatre épouses (sic),
il faut noter que les droits humains des femmes est une des thématiques forte
de cette session.

Avec le lancement le 13 mai au soir du Cahier d’exigence (lien) de la
campagne l’Afrique pour le droit des femmes, en présence de la Commissaire
Maiga, Rapporteur spéciale de la CADHP pour les droits des femmes, la
Commissaire Reine Alapini-Gansou, la présidente de la CADHP et de Hannah
Forster, directrice du Centre africain pour la démocratie et les études des
droits de l’Homme et membre du comité de pilotage de la Campagne.

(Photos)

Dismas Kitenge (VP de la FIDH) et Mabassa FALL (représentant auprès de l’UA)
de la FIDH ont animés la soirée pour la centaine de participants présents (ONG,
journalistes, commissaires, interprètes, etc.) et présenté le Cahier
d’exigences : fruit des enquêtes menées par les organisations nationales
dans leurs pays respectifs, le Cahier d’exigences scrute, pour 31 pays du
continent, l’état des droits des femmes, leurs principales violations ainsi que
les avancées les plus importantes, tout en présentant des revendications clés
pour éliminer les discriminations et les violences à leur égard. Ces
“exigences” s’adressent aux autorités gouvernementales de chaque pays, car
renforcer le respect des droits humains des femmes est avant tout une question
de volonté politique.

Outre sa fonction d’information et de sensibilisation, ce Cahier constitue
un important outil de plaidoyer mis à la disposition de tous les acteurs de la
lutte pour le respect des droits des femmes. Toutes les exigences des
organisations de la campagne seront portées auprès des autorités compétentes
aux niveaux national, régional et international. Demain, c’est l’examen des
rapports des États qui commence. Le Cameroun sera le premier a passer au grill
des questions des commissaires. Ce sera ensuite le tour du Rwanda et ensuite si
la délégation de la RDC daigne enfin venir - cela fait 6 sessions que nous les
attendons, comme s’ils n’étaient pas sereins – ce sera peut-être le tour de la
RDC.

A demain pour le résumé des débats !

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