Union africaine : Le CPS souligne l’importance de la justice internationale pour la paix et la sécurité en Afrique

Auditionnée hier par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS), la FIDH a soutenu l’importance pour l’instance chargée de la prévention et du règlement des conflits en Afrique d’insister dans ses décisions et actions sur la protection des droits humains, notamment sur la lutte contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves aux niveaux national et international. La FIDH a formulé des propositions concrètes pour la protection des droits de l’Homme au Mali et en République démocratique du Congo (RDC), deux pays à l’agenda du CPS.

A l’invitation de la République de Guinée, qui a la présidence du CPS en décembre 2012, la FIDH est intervenue devant le CPS sur la protection des droits de l’Homme pour la prévention et le règlement des conflits en Afrique [1]. La FIDH est la toute première organisation internationale de défense des droits de l’Homme à être auditionnée par cette instance en séance publique.

Par la voix de ses représentants, Me Sidiki Kaba, président d’honneur de la FIDH et M. Dismas Kitenge, vice-président de la FIDH, notre organisation a souligné devant les ambassadeurs de l’Union africaine l’importance d’une exploitation maximale de l’approche globale, comprenant la protection des droits humains, inscrite dans le Protocole du CPS pour la prévention et le règlement des conflits.

La FIDH a ainsi appelé le CPS à faire de la lutte contre l’impunité des crimes les plus graves une priorité de son action en soutenant les efforts de justice devant les juridictions nationales, mais aussi devant la Cour pénale internationale (CPI) en cas d’incapacité et d’absence de volonté des autorités nationales de poursuivre effectivement les auteurs de ces crimes. La FIDH a enjoint le CPS à encourager une action renforcée et universelle de la CPI pour combattre la perception de deux poids deux mesures, en raison de l’absence de poursuites hors du continent africain.

La FIDH a par ailleurs appelé le CPS à encourager la participation des femmes et des représentants de la société civile aux processus de règlement des conflits et, dans l’exercice de son mandat, à porter une attention particulière à la protection des droits des femmes, des enfants, des migrants et des défenseurs des droits de l’Homme.

La FIDH a en outre insisté sur l’importance d’une formation et d’un mandat droits de l’Homme des troupes africaines d’intervention – comme la Force internationale neutre qui devrait intervenir à l’est de la RDC, et des missions de maintien de la paix.

Enfin, la FIDH a présenté des recommandations concrètes au CPS en matière de protection des droits humains pour le règlement des conflits en RDC et au Mali, à la veille d’une réunion du CPS sur ce dernier pays.

« Cette audition a été une formidable opportunité pour appeler le CPS à faire de la protection des droits humains, notamment de la lutte contre l’impunité des crimes les plus graves, un axe central de son mandat pour la prévention et le règlement des conflits », a déclaré Sidiki Kaba, président d’honneur de la FIDH.

Dans son communiqué sur l’audition de la FIDH, le CPS a « réitéré l’engagement de l’UA à lutter contre l’impunité, et a souligné l’importance que revêtent la justice internationale et la justice transitionnelle dans la promotion de la paix et de la sécurité en Afrique, ainsi que la nécessité, dans le contexte de la recherche de solutions aux crises et conflits et au regard de la fragilité des processus de paix et de réconciliation sur le continent, de faire en sorte qu’elles se renforcent mutuellement. »

Le CPS a par ailleurs « exprimé sa gratitude aux organisations de la société civile et à la communauté internationale pour le soutien qu’elles apportent à l’UA dans ses efforts de promotion et de protection des droits de l’homme dans les situations de crise et de conflit. »

« Nous saluons les débats fructueux qui ont animé cette audition et qui ont débouché sur le souhait des ambassadeurs de renouveler ces échanges avec la société civile dans l’accomplissement de son mandat », a ajouté Dismas Kitenge, vice-président de la FIDH.

Cette audition est intervenue à la veille du Séminaire sur la justice, conjointement organisé par la FIDH et le Bureau régional du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, à l’attention des ambassadeurs membres du Comité des représentants permanents auprès de l’UA (COREP), de la Commission et du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, au siège de l’organisation continentale. Ce séminaire, répondant à une sollicitation expressément formulée par des membres du COREP, entend favoriser les échanges sur les enjeux, défis et perspectives de la lutte contre l’impunité aujourd’hui en Afrique.

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