De la conférence de Santa Marta à la COP31 : la nécessaire sortie progressive des énergies fossiles pour le respect des droits humains

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La conférence de Santa Marta, en avril 2026, a pour but d’inciter à l’abandon des énergies fossiles, après l’absence de consensus à la 30e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur le changements climatiques (COP30). La présidence brésilienne de la COP entend porter cette volonté au sein des Nations unies à travers la négociations d’une feuille de route. Dans ses propositions à ces deux processus, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) explique que l’abandon complet et rapide des énergies fossiles est une nécessité pour le respect des droits humains, et nécessite des solutions centrées sur les droits pour sortir du modèle extractiviste responsable de la crise climatique et des inégalités systémiques.

Le 31 mars 2026. Les preuves sont solides et indéniables : la combustion d’énergies fossiles est le principal responsable de l’émission de gaz à effet de serre, historiquement et à l’heure actuelle.. Les combustibles fossiles jouent un rôle dans le dérèglement climatique et impactent également gravement les droits humains.

La nécessité de l’abandon de ces énergies ne fait aucun doute d’un point de vue scientifique, et correspond également à des obligations en matière de droit international. Dans son avis consultatif sur le changement climatique de 2025, la Cour internationale de justice a déterminé que l’objectif de 1,5° C d’augmentation maximale de la température est légalement contraignant en vertu de l’Accord de Paris, et que les États doivent prendre des mesures d’atténuation ambitieuses, conformément aux meilleures données scientifiques disponibles.

En 2026, des avancées cruciales dans cette direction pourraient être mises en œuvre. La Colombie et les Pays-Bas présideront la première conférence sur sortie des énergies fossiles à Santa Marta - en anglais Transitioning away from Fossil Fuels, tandis que la présidence de la COP30 compte faire avancer les négociations vers une feuille de route similaire à l’approche de la COP31.

L’élimination complète, rapide et juste des énergies fossiles doit faire partie d’un mouvement plus large vers une économie centrée sur les droits humains, évitant de développer l’extractivisme et entérinant la reconnaissance des droits de la nature. Toutes les décisions politiques, cadres normatifs et décisions budgétaires doivent accorder une place centrale au bien-être et l’autodétermination des peuples et à la planète.

Pour toutes ces raisons, dans ses contributions à la Conférence de Santa Marta et au projet de feuille de route de la COP31, la FIDH demande :
 une participation effective et significative des détenteurs et détentrices des droits et des défenseur·es des droits humains dans les plans d’action visant à l’abandon progressif des énergies fossiles ;
 un remaniement des accords de commerce et d’investissements pour garantir le respect des droits humains et du climat plutôt que les intérêts des entreprises ;
 une réforme de la justice fiscale pour pallier les impacts économiques dérivant de l’abandon des énergies fossiles et trouver de nouvelles ressources permettant de garantir le respect des droits humains.

Une transition juste vers l’abandon des énergies fossiles doit être intégrée à toutes les mesures en faveur du climat à venir. Les fausses solutions ne sont qu’une perte de temps et mettent gravement en danger les droits humains. Il est encore temps de prendre des actions décisives permettant de mettre fin à l’extraction des ressources et au mépris de la dignité humaine.

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