Rapport de la Haut Commissaire aux droits de l’Homme

10/03/2008
Communiqué

Intervention orale

Rapport de la Haut Commissaire aux droits de l’Homme
Point 2 de l’ordre du jour

Merci Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs,

Madame la Haut Commissaire, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme vous remercie pour votre rapport annuel et vous félicite pour l’action que vous déployez dans le monde dans le cadre de votre mandat de protection des droits de l’Homme.

Ces interventions spécifiques sont essentielles. A mesure que les crises et situations de violations de droits de l’Homme se développent dans le monde, nous avons besoin que vous accomplissiez pleinement votre mandat de protection. Vos actions ou interventions dans ce domaine, nous l’avons vu encore récemment, contribuent à la cessation de ces violations. La FIDH tient à saluer, aujourd’hui, l’autorité morale que vous incarnez dans ces situations.

Ainsi au Kenya, nous saluons le déploiement de votre unité de réaction rapide, afin de recueillir des informations et témoignages sur les graves violations des droits de l’Homme qui ont été commises dans le pays. La FIDH rappelle que cette vague de violences a entrainé la mort de plus de 1.000 personnes et déplacé plus de 300.000 kenyans. Les commanditaires de la violence ethnique et les membres des forces de sécurité et les milices responsables de violations graves, doivent être poursuivis et jugés. Il n’est pas surprenant que le déploiement de cette mission d’enquête, ait contribué à la cessation des violences, signe que vos démarches impactent et sont nécessaires.

La FIDH souligne également l’importance de vos interventions publiques et condamnations de la situation des droits de l’Homme au Pakistan. La situation s’est en effet très nettement détériorée dans les mois précédent les dernières élections. A la suite de la déclaration de l’état d’urgence, de sérieuses attaques ont été portées à l’indépendance judiciaire. Des dizaines d’avocats ont été arrêtés, certains torturés durant leur détention.

Le Pakistan détient l’un des pires record s’agissant de l’absence de coopération avec les Porcédures spéciales des nations unies, avec pas moins de 7 procédures spéciales attendants de visiter le pays.Votre condamnation de cette situation était donc fondamentale, en l’absence de coopération active avec les mécanismes que vous avez la charge d’assister.

Face à ces interventions, la FIDH regrette et condamne aujourd’hui le silence du Conseil des droits de l’Homme, pourtant compétent pour réagir sur les situations de crises à mesure qu’elles se développent.Nous critiquons également celles et ceux qui ont critiqué la manière avec laquelle vous avez poursuivi votre mandat sur ce point, en toute indépendance et impartialité.

Monsieur le Président,

La FIDH se félicite que la Haut Commissaire consacre une part importante de son rapport à la nécessité de lutter contre l’impunité, et équipe son Bureau d’outils importants pour aider les Etats à répondre à l’exigence de justice. Où que se soit développée l’intervention de la FIDH depuis plus de 80 années d’existence, nous avons vu combien chaque situation, du Sierra Leone à la République démocratique du Congo, de l’Afrique du Sud au Chili, démontre combien il est important de lutter contre l’impunité pour assurer une transition pacifique vers la stabilité et la démocratie.

La FIDH salue à cet égard en particulier le travail effectué par le Haut Commissariat au Guatemala et en Colombie dans ce domaine.

La FIDH rappelle à ce sujet, sa condamnation de la loi Justice et Paix en Colombie, qui viole les droits des victimes à la vérité, à la justice et à la réparation. Le processus de transition enclanché dans ce pays ne correspondant pas aux standards que vous prescrivez, nous voyons aujourd’hui que la situation est loin de se stabiliser. Les menaces contre les défenseurs des droits de l’Homme restent quotidiennes, les groupes paramilitaires demeurent actifs.

Au Guatemala, une impunité quasi totale règne, les responsables du génocide n’ont pas été jugés et les demandes d’extradition de l’Audiencia nationale espagnole ont été rejetées par la Cour Constitutionnelle du Guatemala. Cette impunité nourrit un climat de violence généralisée qui ne cesse d’augmenter. Les principales victimes sont les femmes, les populations indigènes et les défenseurs des droits de l’Homme.

Là encore, Madame la Haut Commissaire, votre intervention est essentielle, et nous appelons le Conseil des droits de l’Homme a soutenir fermement vos démarches et celles de votre bureau face aux autorités de ces pays.

Monsieur le Président, je vous remercie.

5 Mars 2008

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