Rapport général de synthèse - Forum de la Société Civile

En prélude au Xe Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays ayant le français en partage qui se tiendra le 26 et 27 novembre 2004 à Ouagadougou, le gouvernement du Burkina Faso, en partenariat avec l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) à travers son opérateur principal l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie (AIF), a organisé du 20 au 22 octobre un Forum de la Société Civile sur le thème « Francophonie espace solidaire pour un développement durable : rôle et contribution de la société civile ».

La cérémonie d’ouverture a été présidée par son Excellence le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Régionale du Burkina Faso, Monsieur Youssouf Ouédraogo. Après le mot de bienvenue du Président du Comité d’organisation du Forum, Monsieur l’Ambassadeur Jean-Baptiste Ilboudo, le message de son Excellence Monsieur Abdou Diouf, Secrétaire général de l’OIF, a été lu aux représentants de la Société Civile par son Conseiller Spécial, son Excellence Ousmane Paye qui a tenu à souligner que la « Francophonie se veut porteuse d’une vision d’un monde pluriel où les différences sont affirmées et organisées en un dialogue constructif et où toutes les compétences doivent pouvoir être mobilisées ».

Aussi, « l’OIF a engagé une réflexion en profondeur qui doit conduire à redynamiser ses relations tant avec les OING et les ONG qu’avec les OSC ».

Succédant à Monsieur Paye, le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, pour qui « les interventions multiformes de la société civile sont devenues incontournables dans l’élaboration et la conduite de nombre de politiques gouvernementales et intergouvernementales » a invité les participantes et les participants à se pencher sur les modalités pratiques pour que le Forum de Ouagadougou puisse devenir une « rencontre institutionnelle entre les organisations de la Société civile de l’espace francophone » ; il les a exhortés également à faire des propositions pertinentes de nature à « enrichir la substance de la Déclaration de Ouagadougou et le cadre stratégique décennal en chantier ».

Après la cérémonie officielle, les composantes de la Société civile de l’espace francophone se sont alors retrouvées pour discuter en séances plénières et en ateliers autour de quatre thématiques :

Société civile dans l’espace francophone ;
Société civile et lutte contre la pauvreté ;
Société civile : genre, droits de l’homme et démocratie ;
Société civile : Bonne gouvernance, paix et sécurité.

Onze (11) communications ont été livrées en plénières. Dans leur ensemble elles ont abordé des problèmes généraux aussi bien que des spécificités locales. Si le rôle fondamental de la Société civile est unanimement reconnu, il n’en demeure pas moins vrai que plusieurs approches définitionnelles peuvent être tentées, ce qui, par ricochet, peut poser le problème de la détermination des composantes de cette Société civile.

Concernant toujours les concepts, si certains se montrent réservés par rapport à la notion de genre, d’autres préféreraient parler plutôt de gouvernance démocratique que de bonne gouvernance.

Cependant, tous les intervenantes et intervenants s’accordent sur la nécessité du renforcement des capacités des OSC, leur indépendance (plus importante à l’égard des différents pouvoirs en place), sur la nécessité d’une solidarité plus active entre organisations de la Société civile dans l’espace francophone. Et cela pour mieux lutter contre :

Les effets pervers des instruments de la mondialisation accentuant la pauvreté dans les pays en développement ;
L’accroissement des inégalités, particulièrement au niveau des femmes, des enfants, des minorités ;
Le phénomène de la corruption à tous les niveaux ;
Le surarmement accru et la prolifération des armes légères (plus d’un million en circulation dans l’Ouest africain) ;
L’exploitation abusive des ressources naturelles.

La solidarité plus active suppose le droit d’ingérence humanitaire pour mettre fin aux conflits car le premier des droits humains est le droit à la vie.

A la fin des plénières, les ateliers se sont mis en place afin de réfléchir à des propositions concrètes.

ATELIER I

Se penchant sur le statut et les caractéristiques de la société civile et sur la mobilité dans l’espace francophone, les participantes et les participants n’ont pas manqué d’attirer l’attention des décideurs sur le respect des droits et de la dignité des migrants, sur le développement d’une citoyenneté dans l’espace francophone qui met en avant les droits liés à ce statut et sur le développement d’un esprit de réhabilitation pour conserver nos valeurs culturelles dans leur site d’origine.

ATELIER II

A l’intitulé « Société civile et lutte contre la pauvreté », l’atelier a préféré proposer « La société civile et la lutte contre l’appauvrissement des peuples ». Insistant d’une part sur l’annulation de la dette sans condition et d’autre part sur le rapatriement des fonds détournés et la poursuite des coupables, l’atelier déplore à l’unanimité que l’eau, l’éducation, la santé et le secteur-clé de l’agriculture n’obéissent qu’aux seuls impératifs économiques et financiers.

ATELIER III

Après avoir rappelé les engagements pris par les chefs d’Etat dans la Charte de l’OIF et la Déclaration de Bamako de novembre 2000, les participantes et les participants entendent interpeller ces derniers sur un certain nombre de préoccupations :

Protection des droits des femmes ;
Ratification et intégration dans les législations nationales la convention 159 de l’Organisation internationale du travail (OIT) portant sur la réadaptation, la formation professionnelle et l’emploi des personnes handicapées ;
Protection de l’Etat de droit et de la Démocratie ;
Protection des défenseurs des droits de l’Homme ;
Lutte contre l’impunité des violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire ;
La formation et l’accès à l’information sur les droits de l’Homme, la démocratie et la paix.

Pour terminer, les participantes et les participants demandent à l’OIF / AIF d’évaluer la mise en œuvre de la Déclaration de Bamako 4 ans après son adoption en impliquant les représentants de la société civile.

ATELIER IV

L’atelier s’est plus particulièrement intéressé à la contribution de la société civile à l’éducation et à l’instruction des citoyens en insistant notamment sur la solidarité intergénérationnelle, sur un accès plus aisé aux livres par des mesures de détaxation ; les médias devront être plus professionnels et plus responsables dans leurs productions et cultiver la tolérance. L’atelier appelle à favoriser le dialogue inter religieux et à intégrer les femmes dans les mécanismes de prévention et de gestion des conflits, gestion qui devrait s’inspirer des valeurs endogènes.

Les discussions dans les différents ateliers ont abouti à la nécessité de pérenniser un cadre de rencontre des organisations de la Société civile : elles se sont achevées par un certains nombre de recommandations.

A l’issue de Forum, les participantes et les participants ont adressé une motion de remerciement au peuple du Burkina Faso, son gouvernement et à l’ensemble des partenaires.

Fait à Ouagadougou, le 22 octobre 2004

Le Rapporteur général

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