L’Organisation des États américains doit condamner les hostilités des États-Unis en Amérique latine

Miguel J. Rodriguez Carrillo / AFP

En cette Journée internationale des droits de l’homme, les organisations signataires, membres de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), exigent que l’Organisation des États américains (OEA) prenne position et rejette fermement la politique de sécurité intérieure récemment déclarée par le gouvernement des États-Unis, ainsi que les récents actes d’hostilité diplomatique, économique et militaire en mer des Caraïbes, qui portent atteinte à la souveraineté des nations latino-américaines.

10 décembre 2025. L’escalade des hostilités des États-Unis contre les pays d’Amérique latine et des Caraïbes a dépassé les limites de la diplomatie et du droit international. Depuis août, la marine américaine a établi une présence militaire significative dans le sud de la mer des Caraïbes, déployant des unités navales et aériennes, y compris le porte-avions Gerald Ford, le plus grand de la flotte américaine.

Cette mobilisation constitue la plus grande démonstration de puissance militaire des États-Unis en Amérique latine depuis des décennies, menée sous prétexte d’une opération antidrogue présumée. Des rapporteur·es expert·es des Nations unies ont dénoncé le meurtre de plus de 80 civil·es au cours des 21 des attaques revendiquées par le gouvernement américain, caractérisées de graves violations du droit à la vie et du droit international de la mer et affirmant que « des enquêtes et des poursuites pour homicide doivent être ouvertes quant aux responsables des ordres et de l’exécution de ces meurtres extrajudiciaires ».

Les attaques indiscriminées contre des embarcations représentent un usage illégitime et illégal de la force, ainsi qu’une violation flagrante des principes de légalité, de nécessité, de proportionnalité et de précaution. Ces actions enfreignent les normes fondamentales du droit international, notamment l’obligation de garantir la vie, l’intégrité personnelle, le droit à un procès équitable et les garanties judiciaires, faisant des ces actes des exécutions extrajudiciaires.

L’instrumentalisation de la « lutte contre la drogue » par le gouvernement des États-Unis pour justifier des actions unilatérales à l’intention politique évidente, et l’usage disproportionné de la force, constituent un dangereux précédent et exigent une réponse ferme de la communauté internationale. L’érosion du système démocratique et les violations des droits humains documentées au Vénézuela par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies et la Commission interaméricaine des droits de l’homme dans de multiples rapports, qui ont été signalées par la FIDH, n’autorisent aucun État à intervenir comme le font les États-Unis, en violation du droit international. Ce faisant, ils violent le droit fondamental sur lequel repose l’architecture de l’ordre mondial, à savoir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Face à cette escalade de violence et de tension dans la région, ainsi qu’à la menace latente pour la souveraineté que représentent ces actes du gouvernement de Donald Trump, l’Organisation des Etats américains (OEA) a le devoir politique et juridique d’apporter une réponse collective et conforme au droit international. Elle doit garantir « la défense de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance », comme en dispose l’article 1 de sa Charte.

De même, le gouvernement américain doit cesser immédiatement tout acte de menace, de coercition économique ou politique, et toute ingérence restreignant l’autonomie des peuples latino-américains. Les États-Unis doivent réévaluer de toute urgence leur stratégie mondiale face au problème des drogues, en reconnaissant l’échec des approches militaristes et sécuritaires. Non seulement ces politiques ont engendré de graves violations des droits humains à l’encontre de la population civile, mais elles ont également approfondi la pauvreté, les inégalités et la criminalisation systématique des peuples latino-américains.

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  • Co-signataires

    Signataires :
    Liga Argentina por los Derechos Humanos - LADH, Argentina
    Centro de Estudios Legales y Sociales (CELS) - Argentina
    Comité de Acción Jurídica - CAJ, Argentina
    Movimento Nacional de Direitos Humanos - MNDH Brasil
    Justiça nos Trilhos - JnT Brasil
    Corporación de Promoción y Defensa de los Derechos del Pueblo, CODEPU-Chile
    Observatorio Ciudadano - Chile
    Colectivo de Abogadas y Abogados José Alvear Restrepo, CAJAR - Colombia
    Organización Femenina Popular - OFP, Colombia
    Instituto Latinoamericano para una Sociedad y un Derecho Alternativos (ILSA) - Colombia
    Comisión Ecuménica de Derechos Humanos - Ecuador.
    INREDH - Ecuador
    Comisión de Derechos Humanos de El Salvador (CDHES)
    Solidarite Fanm Ayisyen - SOFA - Haïti.
    Centro de Investigación y Promoción de los Derechos Humanos-CIPRODEH, Honduras
    Liga Mexicana por la Defensa de los Derechos Humanos - México
    Comisión Mexicana de Defensa y Promoción de Derechos Humanos (CMDPDH)
    Urnas Abiertas - Nicaragua
    Asociación Pro derechos Humanos-Aprodeh, Perú.
    Center for Constitutional Rights (United States)
    Programa venezolano de Educación en derechos humanos - PROVEA - Venezuela

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