Les Nations unies identifient 112 entreprises ayant un lien avec la colonisation israélienne dans les territoires occupés palestiniens

Le Bureau des droits de l’homme des Nations unies a publié un rapport le 12 février identifiant 112 entreprises impliquées dans des activités liées à la colonisation israélienne dans les territoires occupés palestiniens. En 2016, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a mandaté le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) pour créer une base de données faisant figurer les sociétés impliquées dans des activités liées à la colonisation. Parmi les entreprises identifiées, 94 ont leur siège en Israël et 18 sont réparties sur six autres territoires – aux États-Unis, en France, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Thaïlande et au Royaume-Uni.

La FIDH, en collaboration avec ses organisations membres et partenaires, se réjouit de la création de cette base de données tant attendue. Celle-ci est le reflet des efforts de mobilisation et de documentation incessants des organisations de la société civile qui ont permis de justifier l’élaboration du rapport du HCDH. Dans le territoire palestinien de Jérusalem-Est, la FIDH a dénoncé l’implication des sociétés françaises - EGIS et SYSTRA, deux filiales d’organismes publics, et ALSTOM – spécialisées dans la construction de tramways destinés à relier Jérusalem-Ouest et la colonisation israélienne illégale dans la partie palestinienne de Jérusalem, occupée en violation du droit international. Le retrait du projet de Systra et Alstom en juin 2018 et en mai 2019, respectivement, a été suivi par le retrait partiel d’Egis en novembre 2019. Egis et Alstom sont néanmoins toujours dans la base de données des Nations unies car elles sont impliquées dans d’autres activités liées à la colonisation israélienne.

Au lendemain de la sortie du rapport de suivi du HCDH en janvier 2018, la FIDH, le Global Legal Action Network (GLAN) et le Centre for Research on Multinational Corporations (SOMO) ont publié une proposition commune instituant un cadre et des critères réglementaires solides visant à déterminer quelles entreprises seront incluses dans la base de données, et recensant les différentes formes d’implication des entreprises israéliennes et étrangères dans la colonisation. La FIDH a également plaidé devant l’Union européenne, soulignant que le soutien de l’UE et de ses États membres à la base de données des Nations unies était une mesure nécessaire et appropriée de la plus haute importance visant à une plus grande transparence, à la lutte contre l’impunité et au respect du droit international par les États et les entreprises.

La FIDH exhorte la communauté internationale à s’appuyer sur le rapport des Nations unies pour mettre fin d’une part à la commercialisation de produits provenant de colonies et d’autre part aux activités des sociétés contribuant au développement et au maintien des colonies. La FIDH met en garde les entreprises figurant dans la base de données contre le maintien de toute activité susceptible de bafouer le droit international et leur engagement pour la défense des droits humains, en leur rappelant le risque que leur responsabilité juridique soit mise en cause.

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