Conclusions du Conseil sur les priorités de l’UE dans les forums des Nations unies sur les droits de l’homme en 2020

Dans ses conclusions publiées aujourd’hui, l’Union européenne s’engage à utiliser tous les « outils et forums disponibles pour remplir ses obligations en matière de droits humains et promouvoir leur protection dans le monde, y compris dans le cadre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, de l’Assemblée générale des Nations unies, du Conseil de sécurité des Nations unies et de toutes les autres instances adéquates, en conformité avec le Traité de l’Union européenne et la Charte des Nations unies, ainsi que par le biais de déclarations publiques, de démarches diplomatiques, de diplomatie publique, d’échanges politiques et sur les droits humains, de l’Examen périodique universel, de son engagement à respecter les procédures spéciales des Nations unies et les sanctions le cas échéant. »
L’Union européenne rappelle également que « tous les membres des Nations unies, notamment les membres du Conseil des droits de l’homme, doivent faire respecter les normes les plus élevées en matière de droits humains et coopérer pleinement avec le Conseil des droits de l’homme et ses mécanismes », ce qui implique « un accès total, illimité et sans condition à leur territoire, notamment aux régions contestées et zones en conflits ».

L’UE s’engage plus particulièrement à dénoncer toutes violations et atteintes aux droits humains perpétrées dans le monde entier, que ce soit par des acteurs étatiques ou non étatiques. Pour cela, elle invite ces derniers à empêcher ces violations et à y mettre fin, à promouvoir la justice, à établir la responsabilité des auteurs et à lutter contre l’impunité. L’UE se fixe comme priorité le soutien aux défenseurs des droits humains et aux organisations de la société civile, en reconnaissant le rôle de celles et ceux qui défendent les droits de la terre, l’environnement, les droits des peuples indigènes, les minorités, les LGBTI et les défenseuses des droits humains et en condamnant toute forme d’agression à l’encontre des défenseurs des droits humains, des journalistes, des lanceurs d’alertes et des avocats spécialistes des droits humains.

La FIDH a joué un rôle de premier plan dans la protection des défenseurs des droits humains en créant l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme. Il est chargé de prendre des mesures concrètes en faveur des défenseurs des droits humains et de faire connaître sans délai leur combat à l’ensemble des acteurs et institutions clés. L’Observatoire est un membre de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne en matière de défense des droits humains, créé pour protéger les défenseurs en danger confrontés aux situations les plus difficiles à travers le monde.

L’UE a également souligné le lien entre les droits humains et l’environnement, en reconnaissant que le «  changement climatique et la dégradation de l’environnement constituent une menace pour les droits humains  ». Elle continuera à « promouvoir l’application des Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits humains à travers sa politique interne et des mesures externes (…), comme la création d’un éventuel plan d’action de l’UE (…), notamment à travers des initiatives de contrôle des droits humains, la mise à disposition de moyens de recours aux victimes de violations par les entreprises, en encourageant l’adoption des Plans d’action nationaux et en soutenant les défenseurs des droits des peuples indigènes et de l’environnement.  »

La FIDH s’efforce de garantir l’établissement de la responsabilité des entreprises et d’améliorer l’accès à la justice des victimes affectées par l’activité des entreprises. Elle joue un rôle majeur dans le processus engagé par les Nations unies en vue d’élaborer un instrument juridiquement contraignant à l’encontre des entreprises transnationales et autres sociétés dans le respect des droits humains un processus que l’UE s’engage à suivre scrupuleusement.

L’UE s’intéressera également à l’impact des nouvelles technologies numériques émergentes sur la promotion et la protection des droits humains, de la démocratie, de la bonne gouvernance et de l’état de droit. Elle portera une attention particulière aux technologies relatives à la surveillance de masse et appellera les États à réduire les risques en matière de nouvelles technologies. L’UE dénonce l’incrimination d’auteurs qui mettent en ligne des critiques sur la religion, le gouvernement ou autres organismes publics - l’une des plus fortes menaces à la liberté d’expression, selon elle.

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