Cameroun : l’avocate Lydienne Yen Eyoum libérée

05/07/2016
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Le 4 juillet 2016, la présidence camerounaise a annoncé que le président Paul Biya accordait une « remise totale de la peine restante à purger » à l’avocate franco-camerounaise Lydienne Yen-Eyoum après six ans de détention pour « détournement de fonds publics ».

La FIDH a mené de nombreuses actions de mobilisation pour la libération de Lydienne Yen-Eyoum, notamment la saisine du Groupe de travail des Nations unis sur la détention arbitraire (GTDA). Ce dernier avait pris une décision en avril 2015 sur le cas de Lydienne Yen-Eyoum, dénonçant sa « privation de liberté » notamment en raison de l’absence de « notification des motifs de l’arrestation » et en raison du fait que la détention provisoire avait « dépassé les délais légaux ».

L’affaire Lydienne Yen-Eyoum remonte à 2004 lorsque dans le cadre de sa profession d’avocat, elle avait été mandatée par le ministère des finances camerounais pour recouvrer des avoirs auprès de la Société générale de banques du Cameroun (SGBC), filiale franco-camerounaise de la Société générale. Elle est arrêtée en janvier 2010, et accusée d’avoir détourné 1,077 milliard de de francs CFA (1,5 million d’euros) des fonds récupérés. Fin 2014, elle est condamnée à vingt-cinq ans de prison par le Tribunal criminel spécial (TCS), une juridiction, spécialisée dans la répression de la grande corruption, peine qui est confirmé par la Cour suprême en juin 2015.

Le cas de Lydienne Yen-Eyoum s’inscrit dans le cadre de l’opération Epervier, lancée en 2006 par les autorités camerounaises pour lutter contre la corruption et qui a donné lieu à de nombreuses arrestations et lourdes condamnations de personnalités politiques ou du monde des affaires. Les pressions des plus hautes autorités françaises avaient déjà permis la libération, le 24 février 2014, d’un autre franco-camerounaise, Michel Thierry Atangana, emprisonné arbitrairement durant 17 ans pour « détournements de fonds publics ». Malgré la nécessité de lutter contre la corruption qui gangrène le Cameroun, l’opération Epervier est généralement perçue comme la dernière purge en date de l’appareil politico-financier du régime de Paul Biya. Une méthode éprouvée qui lui a permis de se maintenir au pouvoir depuis 1982, soit 34 ans.

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