La FIDH soutient le film la Belle et la meute

13/10/2017
Evénement

La FIDH est fière de soutenir le film tunisien "La belle et la meute" réalisé par Kaouther Ben Hania inspiré d’une histoire vraie.

Dans la Tunisie post-2011, la Belle et la meute (film réalisé par la Tunisienne Kaouther Ben Hania), suit pendant toute une nuit le calvaire de la jeune Mariam laquelle, après avoir subi un viol collectif perpétré par des policiers, tente d’obtenir justice en déposant plainte. Mariam se retrouve en plein cauchemar, ses bourreaux étant précisément ceux censés représenter la justice, et est forcée de faire face à une violence institutionnelle pour faire valoir ses droits et conserver sa dignité.

Mariam subit les pires sévices. Du viol au mépris en passant par les menaces de ceux censés la protéger, elle endure la férocité d’un système machiste et corrompu. Si elle n’est pas nécessairement une militante au début du film, elle le devient lorsqu’elle décide de lutter contre la « banalisation du mal », de refuser d’être esclave du silence, et de se battre pour obtenir justice et réparation pour ce qu’elle a subi.

Le film met tout d’abord en exergue les nombreux obstacles rencontrées par les victimes de viol en quête de justice. Il dénonce aussi certaines défaillances des services publics qui ne se limitent pas à la Tunisie : le (dys)fonctionnement de l’administration, l’omerta au sein des forces de sécurité, ou la surcharge de travail dans le milieu hospitalier. Le film touche également et de manière très subtile à l’argument qui consiste à opposer la sécurité à la liberté, lequel a pris une ampleur considérable au cours des 15 dernières années dans le contexte de la lutte contre le terrorisme, et est utilisé pour justifier le silence sur les violations des droits humains commises notamment par les forces de sécurité.

La Belle et la meute est inspiré d’une histoire vraie, celle de Meriem Ben Mohamed, violée par des policiers à Tunis en 2012. Cette femme courageuse a osé non seulement affronter ses agresseurs mais également le tabou qui persiste autour des violences sexuelles en Tunisie. Au cours du procès contre ses agresseurs qui a duré deux ans, Meriem a du faire face elle-même à des accusations d’« atteinte aux bonnes mœurs » visant à la discréditer. La FIDH et ses organisations l’ont accompagnée dans cette dure bataille, jusqu’à la condamnation en appel de deux des policiers à 15 ans de prison. Si La Belle et la meute démontre le terrible traitement encore réservé aux victimes de violences sexuelles qui osent parler, la véritable histoire de Meriem prouve que la difficile mais nécessaire quête de justice des victimes, n’est pas toujours vaine.

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