Publication du rapport d’une Mission internationale d’enquête de la FIDH sur la situation au MEXIQUE (en particulier dans les Etats du CHIAPAS, de GUERRERO et de OAXACA)

03/02/1998
Report

Le 22 novembre 1997, à Actéal, au Chiapas, 45 autochtones de la communauté tzotzil, dont une majorité de femmes et d’enfants, sont massacrés par des groupes paramilitaires rattachés au Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI, au pouvoir depuis bientôt 70 ans).

La communauté internationale condamne vivement ce massacre et, le 15 janvier 1998, le Parlement européen adopte à ce sujet une résolution d’urgence reconnaissant implicitement la responsabilité par omission des autorités. Par ailleurs, il leur rappelle l’existence d’une clause démocratique imposant le respect des droits de l’Homme dans l’accord économique signé en décembre 1997 entre le Mexique et la Communauté européenne.

Le Gouvernement mexicain ainsi mis en cause, se défend de telles accusations en affirmant que le massacre d’Actéal est un événement isolé, et, alors que l’oppinion publique internationale manifeste sa préoccupation, prend exceptionnellement des mesures contre les responsables.

En avril 1997, consciente de la dégradation croissante de la situation des droits de l’Homme au Mexique, la FIDH envoie une Mission internationale d’enquête. Cette dernière doit s’interrompre au bout d’une semaine, les autorités mexicaines signifiant leur expulsion à deux des quatre chargés de Mission. Au mois de juillet 1997, la FIDH dépêche une seconde délégation afin de compléter le travail de la première.

Le rapport issu de cette enquête fait état de la situation dramatique que vit la population mexicaine et en particulier les populations autochtones du Sud du pays ; la militarisation de la société, les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, la constitution de groupes paramilitaires, l’impunité et les restrictions des droits de la défense constituant autant de symptômes d’une aggravation des violations des droits de l’Homme au Mexique.

Il démontre à quel point le massacre d’Actéal n’est pas un événement isolé et unique. Il démontre que tout laissait présager cette flambée de violence inhumaine au service d’une répression grandissante et implacable. Ce rapport viendra renforcer une campagne internationale menée par la FIDH auprès de l’ONU, de l’Union Européenne et de l’OEA dans les semaines à venir.

La FIDH rendra public ce document le 3 Février 1998.

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