Le Parlement européen adopte une résolution d’urgence condamnant le massacre d’Actéal

16/01/1998
Press release

La Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme - FIDH - insiste sur l’importance de la résolution d’urgence adoptée hier soir par le Parlement européen à Strasbourg, qui condamne énergiquement le massacre d’Acteal au Chiapas, dans le sud du Mexique, qui a coûté la vie à 45 autochtones de la communauté tzozil le 22 décembre dernier.

Le Parlement européen reconnaît implicitement la responsabilité par omission des forces de l’ordre dans ce massacre et exige que les auteurs matériels et intellectuels des crimes soient traduits en justice.

Le Parlement exprime aussi sa profonde inquiétude face à la multiplication des actions de groupes paramilitaires dans plusieurs régions du Mexique, qui sont appuyés par les autorités locales et le milieu politique, leur permettant de bénéficier d’une impunité dans la perpétration de leurs crimes.

Le Parlement se dit particulièrement préoccupé par les milliers de paysans et indigènes déplacés, et propose fortement qu’un programme d’aide aux déplacés soit mis en oeuvre par les autorités mexicaines en collaboration avec la Croix Rouge Internationale.

Le Parlement reconnaît les efforts déployés par la Cocopa - Commission d’union de pacification -, et ceux de l’évêque de San Cristobal de las Casas, Samuel Ruiz, en particulier, en vue d’établir un dialogue, e » parvenir à un cessez-le-feu immédiat et de remédier aux injustices et discriminations subies par les communautés indigènes les plus pauvres au Chiapas.

Finalement, le Parlement rappelle que l’Accord de partenariat économique, de coordination politique et de coopération signé entre le Mexique et la Communauté européenne en décembre 1997 contient une clause démocratique imposant le respect des Droits de l’Homme et qui en consitue l’une des bases fondamentales.

La FIDH appelle en tout état de cause le Parlement européen, qui doit, lors des prochains mois, ratifier cet Accord, à s’abstenir de le faire tant que le gouvernement mexicain n’aura pas désarmé et démantelé les groupes paramilitaires, amélioré substantiellement le respect des Droits de l’Homme, et mis en oeuvre les Accords de San Andrés avec l’Armée Zapatiste de Libération Nationale - EZLN. La FIDH demande qu’un mécanisme soit créé permettant que cette situation soit supervisée de façon régulière, ce qui pourrait prendre la forme d’un rapport annuel de la Commission européenne sur l’évolution des Droits de l’Homme et du dialogue pour l’instauration de la paix et le respect des Droits de l’Homme au Chiapas.

La FIDH demande aux pays membres de l’Union européenne qui participent à la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies, de proposer un projet de résolution qui appréhende la situation extrêmement grave des Droits de l’Homme dont souffre le peuple mexicain, en demandant la nomination d’un rapporteur spécial sur le Mexique

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