La LettreLa nouvelle lettre de la FIDH
Numéro 9 - 28 Janvier 1999
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ACTU
Chili-Cambodge : Juger les bourreaux
-Les chiliens peuvent-ils juger Pinochet?
-Un tribunal international pour juger les khmers rouges?
-"Faire face aux atrocités", entretien avec Fabiola Letellier
-"Que justice soit rendue...", entretien avec Thun SarayKosovo : Belgrade en nouvelle rupture de ban avec la justice internationale
Chine : L'année de tous les dangers
RETOUR SURAlgérie : faire entendre la voix des disparus.
LA FIDH EN ACTIONS
Arménie : Naissance d'un mouvement militant
Kosovo : "Le dialogue entre Albanais et Serbes sur la crise au Kosovo : comment sortir de l'impasse ?"
LES DEFENSEURS
Colombie : Soutenir les défenseurs en Colombie : un programme spécial a été lancé
L’Observatoire : appels urgents
Forum 98 : Deux cent défenseurs se sont réunis à Genève : programme d'action adopté par le "Forum 98"
Breves
Communiqués :
Chine / Mauritanie
La justice, une exigence universelle
Nécessité absolue de justice, au nom des victimes de toutes les répressions, de tous les terrorismes. De Santiago à Madrid et Londres, à Phnom Penh, Pristina, Alger ou Paris, l'exigence de lutte contre l'impunité est la même : les principes universels de protection des droits de l'Homme, répondant à une aspiration non moins universelle, imposent de voir juger les auteurs des crimes et autres exactions barbares.
Non, il ne rentre pas dans la fonction d'un Président - il est vrai dictateur auto-proclamé - de commanditer des milliers de disparitions et d'institutionnaliser la torture à grande échelle ; et il est permis d'espérer que la Chambre des Lords ne va pas se déjuger, mais s'honorer en rejetant une nouvelle fois toute immunité de juridiction pour de pareils actes. Il ne serait pas davantage admissible que justice ne soit pas rendue aux Cambodgiens et que les auteurs du génocide puissent continuer à couler des jours paisibles après s'être contentés de proférer quelques " excuses " - c'est pourquoi Fabiola Letellier, au Chili, et Thun Saray, au Cambodge, croisent ici leurs regards.
L'exigence de justice s'impose aussi avec la même évidence à l'égard des auteurs d'actes terroristes, qui frappent aveuglément leurs victimes de manière révoltante, avec pour objectif de déstabiliser les institutions et les sociétés des Etats visés.
Mais, précisément, pour ne pas tomber dans le piège, et parce que la justice est rendue au nom de valeurs universelles non négociables, la lutte légitime et ferme contre le terrorisme doit s'opérer de manière juste, dans le respect des droits de l'Homme et en application des conventions internationales souscrites. La revendication de justice de la victime ne doit en aucun cas être satisfaite par la châtiment d'un innocent - venant alors lui-même grossir le rang des victimes.
Car, au bout du compte, mépriser à Paris les droits de la défense ou la présomption d'innocence - ainsi que le dénonce le rapport de la FIDH sur la justice anti-terroriste en France - ou assimiler à Alger l'avocat de militants politiques ou de familles de disparus aux fondamentalistes terroristes, c'est d'une certaine façon donner raison à ces derniers, à leurs dogmes et à leurs méthodes. C'est surtout ouvrir dangereusement la voie à l'arbitraire.
Au droit de la force doit répondre la force du droit, seul moyen acceptable, réaliste et efficace pour l'emporter sur la folie des bourreaux et l'aveuglement des poseurs de bombes. Avec la même détermination, nous réclamons justice pour les victimes et application juste, pour tous, de la règle de droit universelle.
Patrick Baudouin Président de la FIDH
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