14 mars 2011

Bahreïn : Protéger les défenseurs des droits de l’homme menacés

La Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) exprime ses plus vives inquiétudes face aux menaces de mort qui circulent sur internet à l’encontre 4 défenseurs des droits de l’homme bahreïni, à savoir Messieurs Nabeel Rajab, Président du Centre Bahreïni pour les Droits de l’Homme et Secrétaire Général Adjoint de la FIDH, Mohammed Al-Maskati, Président de la Bahreïn Youth Society for Human Rights (BYSHR), Naji Fateel, membre du Conseil d’Administration de la BYSHR et Abdulhadi Al-Khawaja, ancien coordinateur régional de Frontline et ancien Président du Centre bahreïni pour les Droits de l’Homme. Ces quatre personnalités soutiennent, contrôlent et fournissent des informations sur le mouvement de protestation sociale qui a débuté à la mi-février dans le pays.

Le 10 mars 2011, dans la soirée, un appel à l’assassinat de 3 défenseurs des droits de l’homme, Messieurs Mohammed Al-Maskati, Naji Fateel et Abduhadi Al-Khawaja, a été posté sur internet par des sources anonymes accusant ces trois personnes de trahison. Ce message circule via les forums internet, la messagerie BlackBerry Messenger, sur Twitter et sur Facebook. Les informations personnelles de ces personnes, leurs numéros de téléphone portable, leur N° INSEE, leurs photos, leurs adresses personnelles, et la description de leurs voitures ont été publiées. Depuis lors, ces trois défenseurs des droits de l’homme ont reçu de nombreux coups de téléphone anonymes de la part de personnes qui les insultent et les menacent. Monsieur Nabeel Rajab a également reçu des menaces de mort régulières via les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter, et ce depuis le début du mouvement de protestation sociale le 14 février 2011.

L’un des messages qui circulent, en particulier sur Facebook est le suivant : “Voici ceux qui sont à l’origine du désordre qui ont organisé les mouvements de sabotage et qui ont décidé de se rendre au palais Royal vendredi. Les personnes à la tête de l’agitation et du désordre dans notre bien aimé pays doivent être tués et liquidés. Vous trouverez à suivre toutes les informations sur ces traitres (…)”

La FIDH regrette que les défenseurs des droits de l’homme à Bahreïn continuent d’être assimilés à des opposants politiques. Ces actes d’intimidation, de diffamation et de harcèlement prennent place dans le contexte d’une vague de protestation appelant à l’établissement d’une nouvelle constitution et à la libération des prisonniers politiques, à la fin des discriminations et à l’introduction de toute une série de réformes à Bahreïn. Le mouvement de protestation a débuté à la mi-février 2011.

La FIDH exprime ses plus vives inquiétudes quant aux actes de harcèlement décrites ci-avant, qui ne semblent avoir d’autre but que de sanctionner les actions des personnes visées en faveur des droits de l’homme. La FIDH rappelle qu’au cours des dernières années, plusieurs campagnes de diffamation contre des défenseurs des droits de l’homme ont été orchestrées ou tolérées par les autorités.

La FIDH demande aux autorités de mener une enquête approfondie, indépendante et impartiale sur ces faits, enquête dont les conclusion devront être rendus publics afin que les auteurs de ces actes soient traduits devant une juridiction compétente, indépendante et impartiale et se voient infliger les sanctions civiles, pénales et/ou administratives, tel que prévu par la loi. Par ailleurs, la FIDH demande instamment aux autorités d’exprimer publiquement leur soutien au travail réalisé par les défenseurs des droits de l’homme au Bahreïn et de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer leur protection.

Contacts Presse :

Karine Appy : +33 1 43 55 14 12 / +33 6 48 05 91 57
Arthur Manet : +33 1 43 55 90 19 / +33 6 72 28 42 94
Mise à jour le 15 mars 2011
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