Les pays qui suspendent les fonds à l’UNRWA aggravent le génocide en cours contre les Palestinien⋅nes

30/01/2024
Communiqué
en en fr
AFP

La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) est alarmée par les décisions de certains des principaux donateurs de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) de suspendre leur financement. Ces mesures de représailles font suite à un récent rapport du renseignement israélien alléguant que 12 membres de l’agence ont participé aux attaques du 7 octobre 2023. Cette suspension est injuste et irresponsable, car des millions de réfugié⋅es à Gaza dépendent entièrement pour leur survie de l’aide fournie par l’UNRWA.

Le 30 janvier 2024. Le mépris pour le droit international et le sort des Palestinien⋅nes ne saurait être plus évident. La FIDH condamne avec la plus grande fermeté la suspension des fonds à l’UNRWA par certains de ses principaux donateurs. L’Agence des Nations unies est à la tête de la distribution de l’aide humanitaire à Gaza, et cette suspension pourrait potentiellement signifier la fin rapide de son fonctionnement dans l’enclave.

La FIDH voit ces décisions comme des mesures de représailles, qui surviennent de manière flagrante dans les jours qui suivent l’ordonnance de la Cour internationale de justice (CIJ) du vendredi 26 janvier 2024, qui a ordonné à Israël de prendre « toutes les mesures en son pouvoir » pour empêcher des actes qui pourraient s’apparenter à un génocide contre les Palestinien⋅nes de la bande de Gaza.

Espérant que cette décision historique servirait de signal d’alarme, la FIDH a renouvelé ses appels aux pays pour suspendre immédiatement l’aide financière et l’assistance militaire à Israël. Cependant, dans les jours suivant la décision, l’exact opposé s’est produit. Le seul effort concerté pris par des pays tels que les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Australie et le Canada a été de suspendre unanimement leur financement, non pas à Israël, mais à la dernière ligne de vie des Palestinien⋅nes à Gaza.

« La suspension des fonds à l’UNRWA équivaut potentiellement à condamner des millions de réfugié⋅es palestinien⋅nes à mourir de faim et de maladie. Il s’agit là d’une complicité manifeste dans le génocide en cours, et d’une violation totalement déconcertante de la décision de la CIJ », a déclaré Yosra Frawes, responsable du bureau Maghreb et Moyen-Orient de la FIDH.

« Suspendre les fonds à l’UNRWA, qui sont essentiels pour les réfugié⋅es palestinien⋅nes en général, mais maintenant plus que jamais indispensables pour la population de Gaza, signifie permettre à ce génocide de se poursuivre. Les Palestinien⋅nes demandent aux États depuis des années des actions pour établir la responsabilité d’Israël, nous ne les avons pas vus agir si rapidement, nous n’avons pas vu la plupart d’entre eux agir du tout face aux crimes graves commis contre la population civile de Gaza », a déclaré Diana Alzeer, vice-présidente de la FIDH et représentante d’Al-Haq, l’une des organisations membres de la FIDH en Palestine.

Lire la suite