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LES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME : A L’EPREUVE DU TOUT SECURITAIRE

Mise à jour le 14 avril 2004
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« Partout dans le monde, des hommes et des femmes se lèvent pour dénoncer l’arbitraire d’Etats, de puissances économiques ou de groupes armés peu respectueux de l’intérêt général. Si le chemin suivi par ces hommes et ces femmes pour le renforcement de l’Etat de droit et de la démocratie est long, il est indéniable que d’importantes victoires peuvent être mises à l’acquis de ces citoyens anonymes. Parallèlement, leur courage, leur détermination, leur pertinence sont suffisamment efficaces pour susciter en retour répression et musellement par leurs détracteurs ». Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003, défenseure des droits de l’Homme iranienne, auteure de la préface du rapport annuel de l’Observatoire.
LES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME : A L'EPREUVE DU TOUT SECURITAIRE
Le climat sécuritaire actuel et les dérives arbitraires et liberticides qui y sont liées, continuent d’affecter et de mettre à mal les principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Dénoncer l’adoption de lois restrictives, défendre le droit à un procès juste et équitable, lutter contre la peine de mort, ou encore dénoncer la torture, devient de plus en plus difficile.

Les défenseurs des droits de l’Homme ont, dans ce contexte, davantage de difficultés à se faire entendre, tandis qu’ils subissent de plein fouet les restrictions générales aux libertés d’association et d’expression découlant de l’adoption de nouvelles lois restrictives ou d’une application renforcée d’anciennes lois remises au goût du jour. Aussi, de nombreux dirigeants politiques opportunistes, heureux d’avoir trouvé un nouveau motif pour criminaliser les défenseurs n’hésitent maintenant plus à effectuer un amalgame sordide entre défenseurs des droits de l’Homme et terroristes.

Alvaro Uribe Velez, président de la Colombie n’hésite pas à qualifier les défenseurs des droits de l’Homme « d’écrivains et de politicards (...) au service du terrorisme, qui se cachent comme des lâches derrière le drapeau des droits de l’Homme » (8 septembre 2003).

Pour sa part, David Trimble, leader du parti unioniste irlandais et - hélas - prix Nobel de la Paix affirme : « Une des plus grande malédictions de ce monde est l’industrie des droits de l’Homme (...). Ils justifient les actes terroristes et finissent par se retrouver complices dans le meurtre de victimes innocentes », (29 janvier 2003).

Ce nouveau rapport annuel de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, publié le 14 avril 2004, met en évidence l’aggravation de la situation des défenseurs des droits de l’Homme, résultant de la montée en puissance de l’arbitraire et de l’érosion des libertés fondamentales.

Par la présentation des cas de 576 défenseurs et 80 ONG réprimés dans près de 80 pays à travers le monde, le rapport annuel de l’Observatoire dresse un état des violations dont sont victimes ces hommes et ces femmes qui tentent, malgré tout, d’imposer un monde plus équitable et plus juste.

Ces violations sont multiples : Assassinats, menaces de mort, mauvais traitements, arrestations et détentions arbitraires, harcèlement, campagne de diffamation, entraves à la liberté de mouvement, ...

En 2003, plusieurs dizaines de syndicalistes ont été assassinés en Colombie. En Iran, des avocats et journalistes sont arbitrairement détenus, pour avoir défendu des opposants politiques ou dénoncé l’implication des autorités dans l’assassinat d’intellectuels. Au Cameroun, les défenseurs des droits de l’Homme qui dénoncent les violations de droits de l’Homme perpétrées par les autorités, sont l’objet de menaces et d’actes de harcèlement récurrents.

Parallèlement, un des moyens de plus en plus utilisés pour resserrer l’étau sur la société civile consiste en l’adoption croissante de mesures ou de législations visant à restreindre la liberté d’association en tant que telle : obstacle à l’enregistrement d’ONG indépendantes ou fermetures arbitraires, entraves au financement des ONG, ...

Ainsi, en 2003, plus de 51 associations ont été dissoutes par le pouvoir au Belarus. En Tunisie, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme a vu les fonds qui devait lui être alloués par l’Union européenne bloqués par les autorités.

Ce rapport témoigne enfin de la situation de très grande insécurité dans laquelle se trouvent toutes celles et ceux qui tentent de dénoncer les violations de droits de l’Homme perpétrées dans le cadre de conflits persistants. C’est notamment le cas en Tchétchénie, en Indonésie, en Colombie, en Côte d’Ivoire ou encore en RDC.

A l’occasion de la sortie de son rapport annuel, l’Observatoire organise trois conférences de presse le 14 avril 2004, à Genève, Tunis et Dakar.

Le rapport annuel de l’Observatoire 2003 seradisponible sur les sites Internet
de la FIDH (www.fidh.org) et de l’OMCT (www.omct.org) à partir du 14 avril 2004.

Il est disponible en librairie, en France
(éd. de l’Aube, 17 euros)

Liste indicative de la répression des défenseurs des droits de l’Homme en 2003


Cette liste, non exhaustive, est fondée sur les informations effectivement recueillies par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (Programme FIDH-OMCT)

- Catégorie 1 :
Répression absolue
Toute tentative d’action en faveur des droits de l’Homme est immédiatement réprimée.
Aucune possibilité de se regrouper et/ou d’agir au sein d’associations indépendantes :

Arabie saoudite | Birmanie | Bouthan | Chine |Corée du Nord | Erythrée | Guinée équatoriale | Laos | Libye | Somalie | Turkménistan | Vietnam

- Catégorie 2 :
Répression systématique
Les défenseurs parviennent à agir sous la forme d’associations indépendantes en faveur des droits de l’Homme, mais sont soumises à une répression systématique
Et /ou : Les Organisations intergouvernementales (OIG) ne peuvent se rendre dans le pays pour y effectuer une enquête :

Afghanistan | Belarus | Cameroun | Colombie | Cuba | Guatemala | Guinée-Bissau | Haïti | Indonésie | Iran | Kirghizistan | Liberia | Mauritanie | Ouzbékistan | Philippines | Tchétchénie | Rwanda | Soudan | Syrie | Togo | Tunisie | Turquie | Zimbabwe

- Catégorie 3 :
Répression ponctuelle
La société civile est organisée et les défenseurs peuvent travailler librement.
Actes de répression : de ponctuels à récurrents :

Algérie | Arménie | Azerbaïdjan | Bahreïn | Bosnie-Herzégovine | Bolivie | Brésil | Burkina Faso | Burundi | Congo Brazzaville | Corée du Sud | Cote d’Ivoire | Egypte | Equateur | Ethiopie | Géorgie | Honduras | Inde | Jordanie | Kazakhstan | Liban | Macédoine | Malaisie | Maroc | Mexique | Népal | Nicaragua | Sénégal | Nigéria | Pakistan | Palestine - Israël | Pérou | République démocratique du Congo | Russie | Serbie-Monténégro | Tanzanie | Tchad | Vénézuela | Yémen

Pour plus d’informations, contacter :

FIDH : Juliane Falloux / Catherine François : (+33) 1 43 55 25 18
OMCT : Eric Sottas / Immaculada Barcia (+41) 022 809 49 39

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