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20 décembre 2010

Côte d’Ivoire : La FIDH dénonce la fuite en avant de Laurent Gbagbo et de ses proches

La FIDH condamne les violations graves des droits de l’Homme qui endeuillent la Côte d’ivoire depuis la tenue de l’élection présidentielle ainsi que les propos et comportements tenus ces dernier jours par le président sortant, Laurent Gbagbo et quelques uns de ses proches qui sont de nature à intensifier la crise politique et à pousser le pays dans un nouveau conflit interne.

M. Gbagbo a ainsi appelé le 18 décembre au départ immédiat des forces de l’ONUCI et des troupes françaises de l’opération Licorne mettant en doute leur impartialité dans la crise politique actuelle en expliquant que les forces des Nations unies auraient armé et soutenus les Forces Nouvelles, loyales à M. Alassane Ouattara.

M. Charles Blé Goudé, leader des jeunes patriotes et membre du « gouvernement » auto-désigné de Gbagbo a déclaré : « la récréation est terminée ! Je demande à tous les Ivoiriens de s’apprêter à livrer ce combat. On va libérer totalement notre pays. » Il a ajouté « [N]ous allons défendre la dignité et la souveraineté de notre pays jusqu’à la dernière sueur ».

Ces propos sont particulièrement inquiétants dans un contexte de crise politique majeure et de violences où plusieurs dizaines de civils ont trouvé la mort. D’après les Nations unies, confirmée par les organisations de défense des droits de l’Homme, depuis les violents affrontements survenus le 16 décembre en marge de la marche prévue par le camp Ouattara « plus de 50 personnes ont été tuées et plus de 200 blessées ». L’ONUCI, dont une patrouille a subi les attaques d’hommes en tenue militaire dans la nuit du 17 au 18 décembre 2010, a aussi fait état d’informations selon lesquelles des « enlèvements de personnes dans leurs maisons, particulièrement la nuit, [étaient perpétrés] par des individus armés non identifiés en tenue militaire, accompagnés d’éléments des Forces de défense et de sécurité ou de milices. Les informations indiquent que les personnes enlevées sont emmenées de force dans des endroits de détention illégaux où elles sont gardées au secret sans instruction. D’autres ont été retrouvées mortes dans ces circonstances suspectes ».

La FIDH rappelle que les médias internationaux sont toujours interdits de diffusion et que des journalistes internationaux ont été molestés et arrêtés momentanément par les forces de sécurité fidèles à Laurent Gbagbo.

Dans ce contexte particulièrement inquiétant pour la sécurité des civils et l’avenir de la Côte d’Ivoire, la FIDH appelle la communauté internationale, en particulier l’Union africaine, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union européenne et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) à maintenir la pression afin de trouver un règlement pacifique à la crise répondant au respect de la volonté populaire exprimée dans les urnes et demande à l’Union européenne d’étendre ses sanctions individuelles à l’encontre des individus qui se rendent coupables d’incitation à la haine, à la violence et à la perpétuation de la crise.

La FIDH appelle la Cour pénale internationale à rester pro active notamment en rappelant sans cesse qu’une analyse est ouverte sur la situation en Côte d’Ivoire et que toute personne tenant des propos pouvant attiser la commission de crimes internationaux pourrait être tenue responsable devant la justice internationale.

La FIDH demande aux différentes forces politiques et de sécurité du pays à appeler au calme et à respecter les engagements du pays relatifs aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits humains.

Enfin, la FIDH recommande au Conseil de sécurité des Nations unies de renouveler, ce jour, le mandat de la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) en renforçant le mandat de protection des populations civiles et surtout en y incluant l’obligation de protéger les défenseurs des droits de l’Homme ; et en augmentant les moyens de l’ONUCI en matière de surveillance, d’enquêtes et de protection des droits fondamentaux.
Mise é jour le 20 décembre 2010
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