Alors
que les autorités françaises et algériennes
sapprêtaient à rendre public le programme
de la saison algérienne en France, quelques dizaines
de femmes étaient violemment dispersées à
Alger ce mercredi 6 novembre 2002.
Leurs délits : sêtre physiquement rassemblés
pour continuer dexiger la vérité sur
le sort de leurs proches enlevés par divers services
de sécurité et disparus depuis.
Plus quun symbole, cette coïncidence agit comme
un révélateur
Ce nest pas en effet toute lAlgérie qui
est invité à ces manifestations voulues par
les plus hautes autorités des deux états pour
célébrer les retrouvailles des deux peuples.
Une certaine Algérie en est exclue :
Celle qui a souffert des dix années dune guerre
civile qui na jamais voulu dire son nom ;
Celle des centaines de milliers de victimes dune libéralisation
économique aussi brutale quimpitoyable ; Celle
dune jeunesse fauchée par les balles, comme
en Kabylie, à la
fleur de lâge.
Tous les créateurs et artistes qui vont participer
à cette saison ne sont pas, loin sen faut,
adeptes de la langue de bois et insensibles aux souffrances
de leur peuple. En participant à cette saison, ils
nont pas voulu fatalement donner quitus aux maîtres
du moment ni disculper les gouvernants successifs de leurs
responsabilités dans la tragédie algérienne.
Ils diront probablement, à leur manière, ce
que ressent lAlgérie profonde.
Mais cela ne peut suffire : en France comme en Algérie,
les associations, les groupes informels de victimes, des
créateurs et des chercheurs refusent de participer
à cette manifestation partielle.
Autant que les autres, ils sont attachés à
une nouvelle dynamique des relations officielles et à
des rapports encore plus intenses entre les deux peuples.
Avec eux, la FIDH et ses deux ligues affiliées, la
LADH et la LADDH, ainsi que tous leurs partenaires, veulent
par les informations disponibles sur ce site, rappeler quelques
idées simples mais de leur point de vue essentielles.
Une nouvelle impulsion des relations franco-algériennes
exige une prise en compte sans tabous de lhistoire
longue et tragique qui rassemblaient ces deux peuples. Cest
le sens, par e xemple, de notre engagement pour la vérité
sur le 17 octobre 1961, sur lusage de la torture pendant
la guerre dAlgérie, etc.
Elle exige aussi de mettre les droits de lHomme au
centre dune nouvelle conception des relations franco-algériennes
: droits pour le peuple algérien à la vérité
et à la justice ; refus de toute discrimination visant
les populations immigrées dorigine algérienne
vivant en France.