Commission
des droits de l’homme : quels espoirs ?
Paris, le 14 mars 2003
La 59ème
session de la Commission des droits de l’Homme s’ouvre
lundi 17 mars 2003, alors que la Communauté internationale
est confrontée à une tentative de remise en cause
du multilatéralisme intergouvernemental, construit pendant
50 années par les Nations Unies.
La Commission, seule enceinte intergouvernementale
de qualification publique des violations des droits de l’Homme
à laquelle participent directement les victimes, devra
défendre son mandat et ne pas faire le jeu de la Real politique
mondiale.
La coopération de tous avec l’ensemble
des mécanismes onusiens est essentielle
Les Etats prenant part à la Commission ont la responsabilité
de l’évaluation des violations des droits de l’Homme
dans le monde. De cette responsabilité découle,
selon la FIDH, la nécessité de coopérer pleinement
avec les mécanismes que la Commission établit.
D’après Sidiki Kaba, président
de la FIDH, « la Libye, en prenant la responsabilité
de la Présidence de la Commission, doit montrer son ouverture
à l’évaluation publique, en invitant les rapporteurs
spéciaux sur son territoire ». Il a regretté
que les Etats-Unis rechignent à coopérer : «
il est scandaleux que les Etats-Unis, s’alignent sur la
Russie et la Chine, en ignorant les demandes répétées
des mécanismes onusiens», faisant référence
aux demandes du Groupe de travail sur la détention arbitraire
et du Rapporteur spécial sur l’indépendance
des juges et des avocats, restées vaines. Il a par ailleurs
pris note des récentes visites des rapporteurs en Iran
et Arabie Saoudite, en appelant les gouvernements respectifs à
mettre rapidement en œuvre leurs recommandations.
La coopération avec les mécanismes
onusiens est une des recommandations clé que la FIDH adresse
aux 21 pays qui constituent ses priorités géographiques
:
Afrique : Algérie, Burundi, Côte d’Ivoire,
Egypte, Libye, République centrafricaine, République
démocratique du Congo, République du Congo, Zimbabwe.
Amérique Latine : Chili, Colombie, Guatemala, Mexique.
Asie et Moyen Orient : Chine, Irak, Iran, Territoires palestiniens
occupés, Vietnam.
Europe et pays occidentaux : Belarus, Etats-Unis d’Amérique,
Fédération de Russie.
Lutter contre l’impunité
Pour l’ensemble de ces pays la FIDH appelle la mise en œuvre
de la responsabilité pénale individuelle des auteurs
de violations des droits de l’Homme en priorité devant
les juridictions nationales. A défaut du respect des critères
essentiels d’indépendance et d’impartialité
de la justice nationale, la FIDH utilise l’ensemble des
mécanismes internationaux de lutte contre l’impunité
aux côtés des victimes qu’elle accompagne.
Par exemple, la FIDH rappelle que la Cour pénale internationale,
inaugurée le 11 mars dernier, est compétente pour
connaître des crimes de guerre, crimes contre l’humanité
et génocides commis depuis le 1er juillet 2002 par les
nationaux ou sur le territoire d’Etats partie au Statut
de Rome (ils sont 89 à ce jour). En outre, la FIDH revendique
aux côtés des victimes, la mise en œuvre du
principe de compétence universelle des tribunaux nationaux.
Enfin, elle soutient la création de tribunaux pénaux
internationalisés pour connaître des crimes commis
notamment en Tchétchénie, en Irak, ou encore, pour
les crimes commis avant l’entrée en vigueur de la
Cour pénale internationale, en République Démocratique
du Congo.
La FIDH travaillera à ce que la Commission
fasse avancer la lutte contre l’impunité pour l’ensemble
des violations des droits de l’Homme, civils et politiques,
aussi bien qu’économiques, sociaux et culturels.
Ces priorités thématiques le reflètent :
· le soutien au projet de Protocole additionnel au Pacte
sur les droits économiques sociaux et culturels,
· un instrument normatif contraignant contre les disparitions
forcées,
· des principes directeurs contre l’impunité,
· ou enfin une déclaration sur le droit à
la réparation des victimes de violations.
L’abolition de la peine de mort et le combat
contre l’extrême pauvreté sont également
des priorités thématiques de la FIDH.
Protection des droits de l’Homme dans la
lutte contre le terrorisme
La lutte contre le terrorisme, si elle est légitime, doit
se faire dans le respect des normes internationales de droits
de l’Homme et du droit international humanitaire. En particulier,
la FIDH déplore que de nombreux Etats aient adopté
au nom de cette lutte de véritables stratégies de
musellement de toute forme d’opposition.
La FIDH et l’OMCT, dans le cadre de leur programme conjoint
l’Observatoire pour la protection des défenseurs
des droits de l’Homme, dénoncent dans leur rapport
annuel 2002, le phénomène de criminalisation accrue
des défenseurs et de leurs actions dans ce nouveau contexte.
Parmi les différentes actions qu’elle
va conduire à la Commission, la FIDH organise ou soutient,
en liaison avec ses organisations membres, diverses réunions
de sensibilisation telles que :
- La situation dans les territoires palestiniens
occupés, lundi 24 mars, 13-15h, salle 21 Palais des Nations
- La situation des droits de l’Homme en Russie, mardi 25
mars, 13h-15h
- Conférence de presse, publication du rapport annuel de
l’Observatoire pour la protection des défenseurs
des droits de l’Homme, mercredi 26 mars, 11h30, salle de
presse 2
- Droits de l’Homme et lutte contre le terrorisme, jeudi
26 mars, 13h-15h, salle 24
- Chine, bilan 10 années après la Conférence
de Vienne, lundi 31 mars 2003, 13h-15h, salle 24
- La situation des droits de l’Homme en République
démocratique du Congo, lundi 31 mars 2003, 13h-15h
- Institutions financières internationales et droits de
l’Homme, mercredi 2 avril, 13h-15, salle 24
- Impunité au Guatemala, mercredi 2 avril, 19h, Uni-Mail,
Genève
- Droits de l’Homme aux Etats-Unis après le 11/09/2001,
vendredi 4 avril, 13h-15h
- Compétence universelle pour les crimes de torture, lundi
7 avril, 13h-18h, salle 23
- Abolition de la peine de mort, vendredi 11 avril, 13h-18h, salle
22
- Les défenseurs des droits de l’Homme, les nouveaux
criminels ? lundi 14 avril, salle 24