| Paris
– Banjul, le 3 novembre 2003
La FIDH et une dizaine de ses ligues membres
seront présentes à l'occasion de la 34ème
session ordinaire de la Commission africaine des droits de l'Homme
et des peuples, qui se tiendra à Banjul du 6 au 20 novembre
2003.
La FIDH et ses ligues membres attendent de
cette session des avancées essentielles telles que :
l'adoption d'un mécanisme régional pour la protection
des défenseurs des droits de l'Homme ; la mobilisation
des Etats africains en faveur de la lutte contre l'impunité,
à travers notamment l'entrée en vigueur de la
Cour africaine des droits de l'Homme et le processus de ratification
de la Cour pénale internationale par les Etats ; l’intégration
des droits de l’Homme au cœur des mécanismes
du NEPAD ; le respect des processus d'élections démocratiques.
De plus, la Commission va devoir examiner la
situation de droits de l’Homme au Niger, au Sénégal
et en République démocratique du Congo. Cet examen
revêt un enjeu tout particulier compte tenu des violations
des droits de l’Homme qui persistent dans ces Etats. A
cet égard, la FIDH et ses ligues membres dans ces pays
présenteront à la Commission des rapports alternatifs
aux rapports périodiques des Etats.
Cette session s’inscrit dans un contexte
sombre qualifié d'« automne des droits de
l'Homme »1 par le président de la FIDH, Sidiki
Kaba. Cette réalité ne doit pas être occultée
par la Commission. En effet, depuis la dernière session
de la Commission africaine, la FIDH a dénoncé
de nombreuses violations des droits de l'Homme telles que :
le refus de l’alternance politique et du pluralisme, les
élections tronquées au Togo, le coup d’Etat
en Guinée Bissau, et à Sao Tome et Principe, les
arrestations et détentions arbitraires en Mauritanie,
la pratique de la torture au Cameroun, les condamnations à
mort au Nigeria, l’expulsion massive d’immigrés
à Djibouti, les restrictions des libertés fondamentales
au Sénégal et au Tchad, le harcèlement
des défenseurs des droits de l’Homme au Zimbabwe,
en Algérie et en Tunisie, les droits économiques
et sociaux bafoués, les conflits armés et/ou violations
du droit international humanitaire au Libéria, en République
Démocratique du Congo (RDC), au Burundi, etc.
De nombreux défis sont posés
à la Commission africaine qui va devoir prouver ses réelles
volonté et capacité à les relever, en prenant,
notamment, une position ferme sur ces situations. La FIDH souhaite
notamment qu'elle prenne en compte les éléments
inclus dans les deux rapports publiés à cette
occasion par la FIDH, sur les violations des droits de l'Homme
commises au Cameroun2 et en République Démocratique
du Congo3.
1 Voir le papier
de position de la FIDH pour la 34ème session de la Commission
africaine des droits de l'Homme : « Sombre situation
des droits de l’Homme en Afrique : Entre responsabilité
des Etats et réaction de l’Union africaine »
www.fidh.org
2 « La torture au Cameroun: une réalité
« banale », une impunité quotidienne »,
octobre 2003 ; www.fidh.org
3 « Persistance de la haine ethnique et des violations
massives et systématiques des droits de l'Homme à
Bunia », octobre
2003 ; www.fidh.org |