Tunisie

Abdallah Zouari de nouveau en prison

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Paris, le 19 août 2003 - La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) est très préoccupée par la nouvelle arrestation, le 17 août 2003, de Abdallah Zouari, journaliste de l'hebdomadaire interdit “El Fajr”, organe officieux du mouvement islamiste “Ennahda”.

M. Zouari, libéré le 6 juin 2002 après avoir purgé une peine de 11 ans de prison pour “appartenance à une organisation illégale”, fait l'objet d'un contrôle administratif d'une durée de cinq ans. Un arrêté du ministère de l'Intérieur en date du 15 juillet 2002 a ainsi fixé le lieu de résidence de M. Zouari à Zarzis ( région de Hassi Jerbi dans le Sahara). De plus, M. Zouari doit prévenir la garde nationale de tout mouvement hors de Zarzis. En l'espèce, il lui est reproché de ne pas avoir respecté cette obligation à plusieurs reprises. Alors qu'il a été arrêté à 45 kilomètres de Zarzis, la FIDH considère que les restrictions à la liberté de circulation du journaliste sont disproportionnées et que les présents faits ne justifient pas la détention de M. Zouari.

Le Substitut du Procureur de la République, qui a refusé de donner toute information sur son client à l'avocat du journaliste, a décidé le 18 août à Médenine de traduire M. Zouari devant le Tribunal de première instance de Zarzis. Il est actuellement détenu à la prison de Harboub (sud de la Tunisie).

La FIDH constate que, depuis sa libération en juin 2002, M. Zouari a déjà été condamné deux fois et a été détenu pendant plus de trois mois.

Alors que M. Zouari avait formulé un recours pour excès de pouvoir contre l'arrêté du 15 juillet 2002 devant le tribunal administratif, lequel n'a toujours pas rendu de décision, il a été arrêté le 19 août 2002 à Tunis et condamné à 8 mois de prison ferme le 22 août 2002 pour infraction à la décision de contrôle administratif. Il a été gracié pour “raisons humanitaires” du fait de son état de santé en novembre 2002.

En juillet 2003, M. Zouari a été condamné à 4 mois de prison ferme pour diffamation, suite à la plainte de la propriétaire d'un cyber café, qui, selon M. Zouari, aurait refusé de le laisser entrer dans son établissement. Les avocats du journaliste ont fait appel de ce jugement.

La FIDH ne peut qu'en conclure que les autorités tunisiennes s'inscrivent, une fois de plus, dans une logique de persécution et de harcèlement de toute personne, qui émet un critique du pouvoir en Tunisie.

Par conséquent, la FIDH demande aux autorités tunisiennes de procéder à la libération immédiate de Abdallah Zouari et de cesser le harcèlement judiciaire dont il est victime. En outre, étant donné que rien ne justifie son assignation à résidence à Zarzis alors que son domicile habituel et sa famille se trouvent à Tunis et que celle-ci l'empêche d'avoir accès aux soins médicaux qu'il nécessite, la FIDH demande également aux autorités tunisiennes d'abroger l'arrêté du 15 juillet 2002.

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