| Paris, le
30 octobre 2003
La FIDH dénonce fermement la condamnation à la
peine capitale des assassins d'un homme d'affaire soudanais,
prononcée le 25 octobre 2003, par la cour criminelle
de N'Djamena, au Tchad.
La victime, Acheik Ibni Oumar Idriss Youssou, était député
et président du Conseil d'administration de la société
Chad Petroleum, à laquelle sont associées de hautes
personnalités tchadiennes. Il a été assassiné
le 25 septembre 2003 à N'Djamena.
Après seulement deux jours de procès, la Cour
criminelle de N'Djamena a condamné à la peine
capitale Adouma Ali Ahmat, pour avoir commandité l'assassinat,
Mahamet Issa, pour avoir exécuté l'assassinat
ainsi qu'Abdramane Hamid Haroun et Moubarack Bakhit pour complicité.
La FIDH souligne le caractère particulièrement
expéditif du procès qui n'aura duré que
deux jours pour aboutir à la condamnation à mort
de quatre personnes. En outre, la Cour a refusé d'entendre
le Ministre de la sécurité publique pourtant cité
par la défense.
La FIDH considère que la peine de mort est fondamentalement
contraire à la dignité de l'être humain
proclamée par la Déclaration universelle des droits
de l'homme. Son abolition est visée par plusieurs instruments
internationaux notamment par le Protocole facultatif au Pacte
international sur les droits civils et politiques. Par ailleurs, les
termes de l'article 6 du Pacte international relatif aux droits
civils et politiques, ratifié par le Tchad, « suggèrent
sans ambiguïté (par. 2 et 6) que l'abolition est
souhaitable » (Commentaire général
N°6 du Comité des droits de l'homme sur l'article
6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques).
Alors que le nombre de pays ayant aboli la peine de mort n'a
cessé de croître pendant les vingt dernières
années, les autorités tchadiennes n'ont toujours
pas adopté de moratoire sur les exécutions et
la justice tchadienne continue à prononcer des condamnations
à la peine capitale.
La FIDH exhorte le gouvernement tchadien à :
Ne pas procéder à l'exécution des quatre
condamnés à mort;
Adopter un moratoire sur les exécutions, avec pour objectif
final, l'abolition de la peine capitale;
Ratifier le deuxième Protocole facultatif au Pacte international
relatif aux droits civils et politiques portant abolition de
la peine de mort. |