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Paris- Banjul, le 6 novembre 2003
La Fédération internationale des ligues des droits
de l’Homme (FIDH) exprime sa plus vive indignation et
consternation à la suite à l’exécution
de 8 condamnés à mort au Tchad, ce jeudi 6 novembre
2003. Aucune exécution n’était intervenue
dans ce pays depuis 1991.
Adouma Ali Ahmat, Mahamet Issa, Abdramane Hamid Haroun et Moubarack
Bakhit ont été condamnés pour l’assassinat
d’un homme d’affaires soudanais le 25 octobre dernier
à l’issue d’un procès expéditif
qui n’aura duré que deux jours. Le 5 novembre,
la Cour d’appel de N’Djamena a confirmé le
caractère exécutoire de la peine, et le pourvoi
en cassation n’a pas été examiné
par la Cour suprême. Ces quatre personnes ont ainsi été
exécutées alors que l’ensemble des voies
de recours prévues par la loi n’ont pas été
épuisées.
Les 4 autres personnes qui ont été exécutées
ce jour avaient été condamnées à
mort dans des affaires criminelles antérieures, l’une
d’entre elle a été exécutée
à Abéché dans l’Est du pays.
Ces exécutions constituent une gifle cinglante à
l’Etat de droit dont les autorités tchadiennes
allèguent de la consolidation au Tchad. Quant à
l’argument avancé de lutter, par l’application
de la peine de mort, contre l’insécurité
au Tchad, il doit être dénoncé avec la plus
grande vigueur. Cet argument est aussi vain qu’inefficace
et fallacieux.
La peine de mort est contraire à la dignité humaine
proclamée par la Déclaration universelle des droits
de l’Homme et au droit à la vie garanti par l’article
4 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des
peuples, et l’article 6 du Pacte international sur les
droits civils et politiques, ratifiés par le Tchad.
Rappelant la résolution du 15 novembre 1999 de la Commission
africaine des droits de l’Homme et des peuples demandant
aux Etats de mettre en œuvre un moratoire sur les exécutions
et les encourageant à abolir la peine de mort, la FIDH
demande à la Commission africaine présentement
réunie en sa 34ème session à Banjul de
condamner ces exécutions et d’exhorter le Tchad
à adopter un moratoire sur les exécutions avec
pour objectif final l’abolition de la peine de mort.
La FIDH lance un appel pressant aux autorités tchadiennes
afin qu’elles renoncent à s’engager davantage
sur cette voix de l’indignité et de l’arbitraire.
La consolidation de l’Etat de droit ne peut passer que
par le respect des droits et libertés fondamentales à
commencer par le droit à la vie et à un procès
équitable.
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