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Paris, le 7 octobre 2003
La Fédération internationale des ligues des droits
de l'Homme (FIDH) a appris avec indignation l'agression de M.
Talla Sylla, qu'elle condamne avec la plus grande vigueur. M.
Sylla, Président du parti sénégalais d'opposition
l'Alliance Jëf Jël et ancien Vice-Président
de l'Assemblée Nationale du Sénégal, a
été hospitalisé le 5 octobre 2003, après
avoir été blessé par quatre agresseurs
à coups de marteau, et souffre notamment de contusion
pulmonaire et de fractures crâniennes.
M. Sylla avait demandé, quelques semaines plus tôt,
que le Président du Sénégal M. Abdoulaye
Wade soit traduit devant la Haute Cour de Justice, après
les révélations du journaliste Abdou Latif Coulibaly,
dans un livre paru en juillet 2003, qui avait critiqué
la gestion financière et politique du pays par le Président
Wade. M. Sylla avait, en outre, diffusé une cassette
musicale, dans laquelle il critiquait le Président Wade
de façon très virulente.
La FIDH rappelle qu'elle avait déjà condamné,
le 1er août 2003, les atteintes à la liberté
d'expression au Sénégal, à la suite des
menaces de mort proférées à l'encontre
de M. Coulibaly. La FIDH condamne avec la plus grande force
cette agression, qui constitue une nouvelle violation du droit
à la liberté d'expression, visé à
l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils
et politiques et à l'article 9 de la Charte africaine
des droits de l'Homme et des peuples, ratifiés par le
Sénégal.
La FIDH demande aux autorités sénégalaises
de :
- Faire toute la lumière sur cette agression et saisir
la justice aux fins de prendre des sanctions appropriées
contre ses auteurs, conformément aux dispositions internationales
relatives aux droits de l’Homme;
- Garantir la sécurité des personnes, conformément
à l'article 9 du Pacte relatif aux droits civils et politiques,
ratifié par le Sénégal;
- Garantir effectivement la liberté d'expression, conformément
aux instruments internationaux ratifiés par le Sénégal.
Contact presse : +33 1 43 55 25 18 |